EVENEMENTS
Vautrey, Mgr

Histoire des évêques de Bâle

Einsiedeln, New-York, Cincinnati & St-Louis.
Charles & Nicolas Benziger Frères, 1886.



NOTES D'HISTOIRE

"sous l'angle des PRINCES-EVEQUES DE BALE, dans un ordre chronologique"
Volume I

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L'évêque de Bâle fut frappé avec les autres membres du conciliabule de Pavie. Sa
longue carrière épiscopale, marquée par tant d'actes généreux, en reçut une souil-
lure que l'histoire ne saurait effacer. Ortlieb, en la vingt-troisième année de
son épiscopat, passa au schisme, se déclarant ouvertement contre le pape légitime
Alexandre III. Il avait bien mérité de l'empereur et de l'antipape. Aussi reçut-
il aussitôt le salaire de son apostasie. Trois jours après le vote schismatique
du conciliabule de Pavie, Barberousse, acquiesçant aux prières d'Ortlieb qui a,
dit-il couru pour son service des dangers sur terre et sur mer, lui confirme la
possession des églises de Moutier et de Saint-Ursanne données à l'évêque de Bâle
par le dernier roi de Bourgogne Rodolphe III. En même temps il lui confère le
droit de disposer des prébendes de ces églises, et d'y nommer les chanoines.
L'acte dressé à Pavie le 14 février 1160, a pour témoins tous les princes ecclé-
siastiques et séculiers qui assistèrent au concile.

p. 176
En attendant l'issue de cette affaire, Louis de Frobourg dut abdiquer les fonc-
tions épiscopales dont fut revêtu à sa place Hugues d'Asuel, qui était alors pré-
vôt du chapitre de Saint-Ursanne. Mais le nouvel évêque fut enlevé par une mort
prématurée, un an à peine après sa prise de possession du siège de Bâle. Il mou-
rut, suivant le liber vitae de la cathédrale, le 15 mai 1177, et fut enseveli
devant la chambre des sonneurs, dans la chapelle de S. Gall. Son épitaphe était
ainsi conçue:

Anno Domini MCLXXVII
Obiit
Reve. Hugo de Hasenburg
Episcopus Basiliensis.

Hugues d'Asuel était de la famille noble dont le château s'élevait au dessus du
village de ce nom, et qui avait déjà donné à l'Eglise de Bâle un évêque célèbre,
Bourcard d'Asuel. Hugues était en 1146 chanoine de Saint-Ursanne; en 1173, il
figure comme prévôt de ce chapitre; c'est encore au prévôt Hugues qu'Alexandre
III adresse en 1178, la bulle confirmative des possessions de l'Eglise de
Saint-Ursanne.

p. 178
C'est aussi vers la même époque (1180) que se place une donation importante faite
par Henri de Horbourg à l'église de Saint-Ursanne.

p. 182
Tandis que la cathédrale était l'objet de la faveur royale, la collégiale de Saint-
Ursanne se plaignait de la pauvreté et de l'exiguité de ses ressources. Le pape Lu-
cius III, informé de l'indigence de ce chapitre, pria les évêques de Bâle et de
Strasbourg de venir à son secours. Ces deux prélats s'accordèrent pour donner aux
chanoines de Saint-Ursanne l'église de Habsheim en Alsace avec ses revenus, sous la
condition qu'ils présenteraient une personne capable pour l'administrer. Henri de
Horbourg se prêta avec beaucoup d'empressement à cette donation, qui assurait au
chapitre en détresse des ressources importantes. Il alla lui-même à Saint-Ursanne
dresser l'acte authentique où il voulut faire insérer l'expression de son attache-
ment à ses vénérables frères et amis, les prévôt et chanoines attachés au service
de l'église de Saint-Ursanne. "Nous sommes tenus, dit-il, par charité et en vertu
de notre charge, de compatir aux nécessités des églises de Dieu, surtout de celles
qui sont particulièrement l'objet de notre sollicitude. Or, ayant appris la pauvre-
té et l'exiguité des revenus de l'église de Saint-Ursanne, nous avons résolu de
venir en aide à cette église que nous aimons comme notre fille d'une affection
toute paternelle. C'est pourquoi pour notre salut et celui de nos successeurs, nous
lui donnons l'église de Habsheim dont elle avait déjà le droit de fondation, pour
la prébende et l'usage commun des chanoines de Saint-Ursanne". L'évêque signale
dans cet acte de donation, que, par la miséricorde de Dieu, il gouverne l'Eglise de
Bâle, depuis six ans.

p. 192
Voulant témoigner de nouveau à l'église de Saint-Ursanne la sollicitude qu'il lui
porte comme prince spirituel et temporel, Lutold de Rötheln réunit devant lui à
Saint-Ursanne l'avoué du chapitre, Bourcard d'Asuel, les plus sages du pays,
- sapientioribus terrae, - les féaux et les hommes de cette église, pour savoir
d'eux sous la foi du serment les droits de l'évêque, du prévôt, des chanoines et
de l'avoué dans la prévôté de Saint-Ursanne. Les privilèges de chacun sont minu-
tieusement expliqués et relatés dans cette charte curieuse qui est restée en
original dans les archives de l'ancien évêché de Bâle. Elle porte les sceaux de
l'évêque et du chapitre de Bâle, des églises de Moutier et de Saint-Ursanne. Au-
tour de l'évêque, étaient réunis dans la collégiale, avec les chanoines du lieu,
Conrad, trésorier de la cathédrale, Othon, prévôt de Saint-Léonard à Bâle, des
représentants des chapitres de Moutier et de Soleure, Bourcard, le chapelain de
l'évêque, plusieurs curés, des nobles de l'évêché et enfin les hommes de l'égli-
se de Saint-Ursanne.

p. 205
Henri de Thoune avait aussi des droits en Ajoie et dans le Salsgau; ces droits lui
étaient contestés par ses remuants ennemis, les comte Ulrich et Louis de Ferrette.
On en vint à une composition qui régla les points en litige (vers 1234). Les hom-
mes de l'Eglise de Bâle, ou de Saint-Germain de Moutier, ou de Saint-Ursanne qui
ont demeuré à Porrentruy, ne doivent aucun service à l'évêque de Bâle; s'ils sont
en Ajoie, ils le doivent; dans le faubourg de Ferrette, ils doivent servir l'évê-
que et le comte.

p. 209
Les biens livrés à l'évêque par Bourcard d'Asuel étaient considérables: ils compre-
naient le château d'Asuel, l'avocatie de S.-Ursanne, de Habsheim, de Miserez, des
domaines à Pfeffingen, Pfetterhausen, Hérimoncourt, Mörnach, Courtedoux, Cornol,
St.-Ursanne, Glovelier, des hommes à Dirlinsdorff; le droit de l'évêque à Glères;
les vassaux d'Asuel, résidant autour du château, un moulin et le patrimoine de
Bourcard à Charmoille avec le patronage de l'église. Le noble sire d'Asuel mit sur
l'autel de Ste Marie à la cathédrale l'acte de résignation de tous ses biens en
faveur de l'évêque de Bâle, qui l'accepta en son nom et au nom de tout son chapi-
tre. La charte scellée des sceaux de Bourcard d'Asuel, de l'évêque et des chanoi-
nes, avait été dressée devant de nombreux témôins dans la maison ou la cure du
doyen de la cathédrale Wilhelm, le VIII des ides de juillet 1241.

pp. 319-320
Le chapitre de Saint-Ursanne, comme celui de Bâle, reçut des marques de la sollici-
tude bienveillante de l'évêque de Bâle. Cette collégiale avait alors des revenus
très modiques en égard au nombre de chanoines; Gérard de Vuippens voulut leur ren-
dre plus facile le séjour auprès de leur église et la célébration des saints offi-
ces, en réunissant à la mense capitulaire les églises paroissiales de Saint-Ursan-
ne et d'Epauvillers dont le chapitre avait déjà la collature. L'acte épiscopal est
daté de Delémont, 24 avril 1313. Un an après, l'évêque de Bâle fit encore don au
même chapitre d'un fief que Jean dit Kochmeister tenait de l'église de Bâle et
qu'il avait résigné entre les mains du prélat (7 mai 1314). A quelques mois de là,
Gérard de Vuippens assura aux chanoines de Saint-Ursanne le droit de patronage de
l'église de Saint-Blaise, près de Lindsdorf (canton de Ferrette). Le chapitre du
Grand Saint-Bernard prétendait que ce droit lui appartenait; Saint-Ursanne le pos-
sédait et l'exerçait librement et paisiblement. L'affaire fut portée devant le
doyen de la cathédrale de Bâle, Jean Camerarii; le chapitre de S. Bernard se fit
représenter par le recteur de Ferrette, maître Jehan; Saint-Ursanne par les cha-
noines Hugues et Henri d'Asuel. Le doyen, choisi par les parties comme arbitre,
reconnut le droit du chapitre de Saint-Ursanne et débouta le Grand Saint-Bernard
de ses réclamations (6 juillet 1314). L'évêque de Bâle, qui était alors à Delé-
mont, confirma ce jugement le 17 juillet, et le prévôt du Saint-Bernard, le 26
du même mois. Ce droit de patronage reconnu, Gérard de Vuippens, pour augmenter
les revenus de l'église de Saint-Ursanne, très éprouvée et réduite à une grande
pénurie par les ennemis de l'évêché de Bâle, annexa à ce chapitre l'églie de
Saint-Blaise (Lulliskilch, dans le décanat de Leymenthal), à condition de la
faire desservir par un prêtre capable, approuvé par l'évêque de Bâle. L'acte de
donation fut dressé et scellé à Saint-Ursanne le 4 août 1314, en présence de
Gérard de Vuippens qui voulut faire lui-même ce présent aux vénérables chanoi-
nes.

pp. 324-325
Des dispositions analogues furent prises, vers le même temps, à l'occasion d'une
fondation faite à l'église collégiale de Saint-Ursanne, qui fut approuvée par
l'évêque de Bâle le 15 janvier 1323. Le curé de Hohenrodern, Egelolfus avait été
affecté de la pauvreté de l'église de Saint-Ursanne et du défaut de messes pour
les défunts dans le choeur de cette collégiale. Animé par la tendre dévotion
qu'il ressent envers l'église ou le lieu de Saint-Ursanne, à l'honneur de Dieu,
de sa mère la Vierge Marie, et des bienheureux Michel archange, Ursanne et Lau-
rent martyr, pour le soulagement des âmes de ses père et mère, parents et bien-
faiteurs, il fonde un autel à élever sur la grille du choeur, en l'honneur de S.
Michel et de S. Laurent. Le chapelain nommé par lui et ses successeurs devront
chanter la messe pour les défunts le lundi de chaque semaine, tous les jours du
carême et de l'avent, aux vigiles, aux quatre temps, etc. et assister à toutes
les heures canoniales. Chaque dimanche, après l'aspersion de l'eau bénite, ou
avant, si c'est préférable, il devra faire publiquement au choeur mémoire des
défunts à recommander cette semaine, bienfaiteurs ou serviteurs de l'église de
Saint-Ursanne et faire réciter pour eux Pater noster et Ave Maria. Durant sa
vie, le fondateur avait droit de nommer le chapelain de son bénéfice; après sa
mort, ce droit passait au prévôt de Saint-Ursanne. Si le prévôt laissait la
chapelle vacante plus d'un mois, le custode du chapitre devait exercer ce
droit. Les biens appliqués par le curé Egelolphe à cette fondation étaient la
plupart situés dans sa paroisse de Hohenroden.
Le prévôt de Saint-Ursanne, Albert de Ehenheim imita l'exemple de ce bienfaiteur
de la collégiale et le même jour (15 janvier 1323) il fit approuver par Gérard
de Vuippens une donation importante en faveur de l'autel placé dans la crypte
sous le maître-autel, dédié à S. Valbert, confesseur, à S. Oswald, roi et martyr
et aux onze mille vierges. Le chapelain de ce bénéfice devait dire la messe
trois fois par semaine à cet autel. Dans le cas où par la permission divine, on
établirait une chapelle sur la montagne dans la grotte de S. Léodegar, au-dessus
de la ville de Saint-Ursanne, alors le chapelain susdit devrait dire aussi trois
fois par semaine la messe dans la grotte, à moins que le mauvais temps ne l'en
empêche, et dans ce cas, il devrait la dire dans la crypte, avant prime ou après
l'offertoire de la grand'messe, puis faire l'absoute et jeter l'eau bénite sur
le tombeau du prévôt Albert qui choisit sa sépulture dans cette crpyte. Le cha-
pelain devait assister à toutes les heures canoniale et quand on récitait les
vigiles des morts, il devait les dire entièrement dans la crypte. C'était aussi
à lui à fournir l'huile pour la lumière de la nuit dans la crypte et il devait
garder sous bonne serrure les hosties de cette même crypte. Le prévôt ou à son
défaut le custode de la collégiale avait le droit de collature de ce bénéfice.
Parmi les biens appliqués par le prévôt à cette fondation, nous remarquons une
maison à S. Ursanne, entre celle du curé et celle du chanoine Schoppe, à côté
de la tour de l'église; un jardin sis près de la montée qui conduit à la grot-
te, au-dessus du fossé de la ville, etc. Après la mort du prévôt, le chapelain
de la crypte, devait hériter de tous les ustensiles de sa maison, de trois
lits ordinaires, etc., qui devaient à perpétuité servir à l'usage de ses hô-
tes. Le prévôt donna encore, après sa mort, son nouveau missel au maître-autel
de Saint-Ursanne, à l'usage exclusif de cet autel. En reconnaissance de ce
don, le chapitre accorda au chapelain de la crypte le missel qui servait alors
au maître-autel..."

p. 335
L'évêque de Bâle, choisi pour arbitre et amiable compositeur, était alors à Saint-
Ursanne en son "chattel" où il fit mettre son scel en ces lettres, en signe de la
pure vérité". Jean de Châlons était connu de "ses bonnes gens de Saint Hursene",
car en 1330 (15 octobre) il avait mis fin par une sentence rendue à Porrentruy
aux différends qui existaient entre Saint-Ursanne, Tramelan et le sire de Mont-
joie: il fixa les limites de séparation des forêts des uns et des autres. Parmi
les témoins appelés à la confection de cet acte, on remarque maître Pierre de
Crosy que l'évêque appelle "nostre compagnon".

p. 338
..

contracta au château de Saint-Ursanne un emprunt de mille florins d'or de Florence
que le chevalier Wilhelm de Bremoncourt lui remit contre une rente annuelle de
cent florins à prélever sur les revenus de la cour, à Porrentruy, des foires et
des fours au même lieu. Au 31 janvier 1337, le château était en partie reconstruit
et l'évêque appliquait au payement de ces travaux une parite de l'agent emprunté.

Non content d'assurer à la ville de Porrentruy la défense de son château, Jean
Senn voulut pourvoir aux fortifications de la cité; c'est pourquoi, par un acte
dressé au château de Saint-Ursanne, le 1er février 1337, le lendemain de l'emprunt
fait au sire de Bremoncourt, il appliqua aux réparations des bâtiments publics,
des murailles, fossés, ponts tours et fortifications de Porrentruy le produit de
l'angal qu'on percevait pour les vins en ville ou dans les environs.

p. 357
Jean Senn fit dresser l'acte de donation en son château de Porrentruy -in castro
nostro Burntrut - le 13 décembre 1346. L'évêque y faisait alors sa résidence;
peut-être était-il venu à Saint-Ursanne visiter et consoler les habitants de
cette ville qui venaient d'être presque entièrement détruite par un incendie,
comme le signale un acte original du 23 décembre 1346, conservé aux archives de
Saint-Ursanne.

p. 414
Jean de Vienne était alors à Saint-Ursanne, en son chastel, où l'acte de donation
fut dressé et scellé, le 28 septembre 1373. Quelques jours auparavant, "le Révé-
rend Père en Dieu et Seigneur Monsire Jehan par la grâce de Dieu evesque de Bas-
le" siégeant au même lieu, avait reçu le serment de fidélité de "noble, haut et
puissant Messire Jean d'Arberg, sire de Valangin, en la diocèse de Losanne" qui
reprenait en fief de l'église de Bâle, ce que ses prédécesseurs en avaient rete-
nu, au même titre.

Le sire de Montjoie, Louis, dont le château avoisinait Saint-Ursanne, avait eu
maille à partir avec Jean de Vienne.
...

p. 418
L'évêque de Bâle reconnut la protection que lui avait accordée son illustre cousin
(Jean de Vienne, amiral de France) en lui donnant Saint-Ursanne comme gage des
sommes qu'il lui devait pour avoir défendu et sauvegardé la ville épiscopale.

pp. 422-423
Saint-Ursanne était alors entre les mains du cousin de l'évêque de Bâle, l'amiral
de France, Jean de Vienne, qui avait reçu cette ville en reconnaissance des servi-
ces rendus par lui à l'évêché, lors de l'invasion des compagnies d'Enguerrand de
Coucy. Le 13 septembre 1376, l'illustre marin était dans sa bonne ville et rece-
vait des bourgeois prudhommes et habitants de Saint-Ursanne serment de fidélité
et d'obéissance léale et due. De son côté d'amiral "par son léal foy et sarment
donez sur saint évangile de Dieu corporellement touché" promit de maintenir, dé-
fendre et garder fermement et inviolablement, à toujours, comme un bon et léal
seigneur doit, sans fraude et sans baret toutes les franchises, privilèges et
libertés, bons us et bonne coutumes de l'église et de la ville de Saint-Ursanne.
La charte scellée par l'amiral, est encore aujourd'hui en original aux archives
de Saint-Ursanne. Un autre titre, du 17 mars 1379, rappelle le séjour du célè-
bre guerrier dans sa ville, de Saint-Ursanne. A cette époque, le chapitre et
les bourgeois étaient en querelle. Les chanoines affirmaient que leur prévôt
avait et tenait juridiction de la ville, et en particulier la connaissance des
mesures de blé, vin et poix, dont il avait la surveillance. Si une amende frap-
pait les contrevenants ayant faux poids et fausse mesure, le tiers en revenait
à l'amiral, le reste au prévôt. Sans le consentement du prévôt, les bourgeois
et habitants de Saint-Ursanne avaient diminué la mesure de la channe et de la
pinte et mis angal "de leur téméritey" sur le vin. Le chapitre avait protesté
contre ces actes des bourgeois. Les bourgeois avaient produit pour leur déchar-
ge, une lettre de l'évêque Jean de Vienne, donnée au château de Porrentruy, le
11 juillet 1378, qui leur accordait le droit d'angal dans toute la mairie de
Saint-Ursanne pour les aider à fortifier la ville et "reparelier et maintenir
les murs, chesaux, eschelles". L'amiral étant à Saint-Ursanne "le dimanche que
l'on chante en sainte église Judica me", le 25 mars, trancha le différend, en
attribuant pendant neuf ans aux fortifications de la ville, le profit résultant
de l'angal et de la diminution de la pinte de vin: le chapitre était exempt de
l'angal et pouvait l'établir pour le vin qu'il vendrait de ses caves. L'amiral,
en rendant ce jugement, maintint aux bourgeois le privilège que l'évêque leur
avait accordé en reconnaissance "des très grandes féaultés et affections qu'
ils avaient toujours eues à lui et à l'église de Bâle obéissant loyalement à
tous commandements et en toutes nécessités". Le chapitre avait à cette époque
renouvelé ses statuts qui avaient été revêtus, après mûr examen, de l'approba-
tion de l'évêque de Bâle, dont la sollicitude s'étendait à toutes les parties
de son diocèse.

p. 424
Une expédition armée contre le château de Montvouhay par les gens de Porrentruy
et de Saint-Ursanne avait eu lieu sous l'évêque Jean Senn de Munsingen. Nous
ignorons les motifs de cette agression; un jour les prévôt, maire, bourgeois et
habitants des villes de Porrentruy et de Saint-Ursanne, auxquels s'étaient joints
des sergents de la châtellenie de Porrentruy et de la mairie de Saint-Ursanne,
avaient mis bannière au vent et s'étaient emparés de force du château et forte-
resse de Montvouhay qui appartenait alors au chevalier Simon de Saint-Aubin. Le
vieux manoir fut dévasté, les meubles enlevés et emportés par les pillards, la
femme du châtelain et sa mère violemment expulsées du château.

p. 426
Le pape avait aussi ses collecteurs dans le diocèse de Bâle. Nous trouvons en
1373, un clerc de la chambre de Grégoire XI, Helie de Vodronio chargé de collec-
ter la dîme papale en Allemagne. Le 15 septembre de cette année, il est à Bâle
où il délivre au chapitre de Saint-Ursanne une déclaration qui reconnaît le
droit des chanoines à ne pas payer les quatre-vingts marcs d'argent, pour les-
quels ils avaient été taxés pour les églises d'Habsheim, Saint-Blaise et
Wittersdorf qui leur appartenait.

pp. 432-433
(Imier de Ramstein)

En même temps, l'évêque crut de l'intérêt le plus cher de l'évêché, de racheter
la ville de Saint-Ursanne que Jean de Vienne avait engagée à son cousin, l'ami-
ral de France. Ce fut le 4 juin 1384 que par une lettre de Paris ce noble sei-
gneur annonça aux habitants des seigneuries de Saint-Ursanne, Chauvelier et
Muriaux qu'il les dégageait du serment qu'ils lui avaient prêté et qu'il les
baillait et remettait en la main de l'évêque de Bâle. L'amiral chargea les che-
valiers Jean de Nant, Othon de Beaumont, Pierre de Choisy et l'écuyer Perrin de
Val Travers, de faire en son nom, entre les mains de l'évêque, Imier de Ram-
stein, la remise des forteresses, ville, château, terres et hommes et de rece-
voir du prélat la somme convenue. Cette somme se montait à quatre mille flo-
rins que le pauvre évêque ne possédait pas. Il les emprunta aux Bâlois qui re-
çurent à titre d'hypothèques, la ville et le château de Saint-Ursanne et les
châteaux de Chauvelier et de Muriaux.

p. 438
Jusqu'alors la ville et le château de Saint-Ursanne, les châteaux de Chauvelier
et de Muriaux étaient restés entre les mains des Bâlois qui les avaient reçus en
gage pour quatre mille florins prêtés en 1384 à l'évêque Imier. En 1388, le com-
te Thiébaud VI de Neuchâtel en Bourgogne, prêta à Imier de Ramstein sept mille
cinq cents francs, avec lesquels l'évêque dégagea ces domaines des mains des Bâ-
lois et les remit en gage au noble comte qui le 13 septembre de la même année
confirme les franchises de la ville de Saint-Ursanne.

p. 448
Les dettes continuaient à peser sur la mense épiscopale. Un état dressé en 1397
par ordre du comte Thiébaud de Neuchâtel, fait une triste nomenclature des hypo-
thèques dont était grevé l'évêché de Bâle. Porrentruy était engagé au comte
Etienne de Montbéliard et au comte Henri d'Orbe son fils pour onze mille francs;
Saint-Ursanne, Chauvelier et Muriaux au comte Thiébaud de Neuchâtel pour sept
mille cinq cents francs vieux; etc...

pp. 453-455
Tandis qu'un incendie dévorait l'antique église de ce monastère, un désastre pa-
reil détruisit la ville de Saint-Ursanne. "Par oval de fue, est-il marqué au
protocole du chapitre, au 3 avril 1403, la ville de Saint-Ursanne est de tout en
tout destruite et mise à néant. - Considérant le grand mecheit qu'est de présent
et nouvellement venu en la dite ville", les chanoines et chapelains de l'église
tinrent chapitre général et remirent la moitié des charges d'argent, blé et hui-
les qui étaient sur les chéseaux, places, champs, près de Saint-Ursanne pour
cause des anniversaires, à ceux qui par malheur du feu avaient perdu leurs mai-
sons, à condition que dans l'espace de trois ans, ils auront rebâti ces maisons
dans les murs et remparts de la ville et y feront personnelle résidence. Même
faveur fut accordée aux habitants qui demeuraient près du pont de Saint-Ursan-
ne, sur le Doubs. Le conseil de Saint-Ursanne accorda la même décharge que le
chapitre pour les censes qui lui étaient dues. Humbert de Neuchâtel approuva
de son autorité épiscopale la délibération du chapitre, le 24 du même mois
1403.
Le château de Saint-Ursanne était alors grevé d'une dette de cent trente-trois flo-
rins qui étaient payés chaque année à Jean Spitz de Bâle. L'évêque Humbert reporta
cette charge sur la chancellerie de l'évêché et en libéra le château qui était,
avec la ville et la châtellenie, engagée aux comtes de Neuchâtel (20 décembre 1404).
La même année il put faire lever les hypothèques qui chargeaient les châteaux du
Schlossberg, de Roche-d'or, Neuveville, Saint-Ursanne et Laufon, en payant aux
comtes de Neuchâtel, Jean et Thiébaud, ses parents, huit mille florins en or, pour
lesquels ces seigneurs étaient créanciers de l'évêché. Ce fut le comte Thiébaud
VIII, seigneur de Neuchâtel et de Blamont, vicomte de Baume, neveu de l'évêque
Humbert, qui fut investi par son oncle de la suzeraineté temporelle et de l'avoca-
tie de la ville et de la châtellenie de Saint-Ursanne. Le 20 et le 22 février 1407
il approuva, reconnut et confirma les libertés, franchises et privilèges de la
ville et du chapitre de Saint-Ursanne.
Il se déclara l'avoué et le tuteur de cette église, chargé de la défendre, comme
l'avait fait son aïeul, le comte Thiébaud VI de bonne mémoire et ses autres pré-
décesseurs. L'évêque de Bâle possédait dans la prévôté de Saint-Ursanne des
droits importants qu'Humbert de Neuchâtel fit reconnaître par un acte authenti-
que, aussi bien que ceux du chapitre, le 14 mai 1407. Cet acte n'est qu'une re-
production d'une charte semblable dressée le 27 octobre 1369 par Jean de Vienne,
évêque de Bâle. Nous n'en citerons que le préambule qui a trait aux préoccupa-
tions d'Humbert de Neuchâtel: "Depuis que nous sommes venu au gouvernement de
l'église de Bâle, notre épouse, et du diocèse de Bâle, nous nous sommes enquis
des droits qui nous appartiennent dans ce diocèse, et en particulier de ceux
qui nous compétent, comme évêque de Bâle, sur l'église de Saint-Ursanne. Des
lettres authentiques revêtues des sceaux de nos prédécesseurs les évêques de
Bâle et d'autres, des actes et des témoins dignes de foi, des personnes âgées
nous ont édifié sur les privilèges de cette église."
Une redevance fort curieuse imposée au chapitre de Saint-Ursanne est signalée dans
un acte de cette époque. Quand l'année était bissextile, les chanoines devaient
donner à l'archevêque de Besançon leur métropolitain, une chaudière de grandeur
suffisante pour y faire cuire un boeuf, et une pièce de toile. On croit que cet
impôt était une reconnaissance de l'ancienne juridiction dont les archevêques de
Besançon jouissaient encore sur l'abbaye de Saint-Ursanne au XIe siècle. Le 29
septembre 1405, le chapitre versa dix francs au gouverneur de Mandeure pour l'ar-
chevêque de Besançon, Etienne de Villars, prêtre, chanoine de Montbéliard. Ces
dix francs représentaient la chaudière et le surplis dus pour l'année bissextile
1404, "comme accoutumey est de grant temps."
Sur la fin du XVe siècle, l'archevêque Charles de Neuchâtel dressa un réglement à
ce sujet (27 octobre 1486). La chaudière devait être de bon airain et bien fabri-
quée, du poids de trente livres et d'une contenance de quatre tines d'eau, mesure
de Mandeure, ni plus ni moins (environ deux cents litres). Quant à la pièce de
toile, elle devait être choisie et fine, de quantité suffisante et de qualité
propre à faire un rochet convenable à la dignité épiscopale, le tout rendable au
château de Mandeure aux frais du chapitre. Au XVIIe siècle, la chaudière devait
être, non plus d'airain, mais de cuivre rouge, du poids de trente livres et d'une
contenance de deux tines d'Allemagne. La pièce de toile devait être de trente à
trente-deux aunes et pouvoir passer par l'anneau de l'archevêque. Au XVIIIe siè-
cle on réduisit cette redevance à cinq aunes de batiste propre à un rochet ou à
un surplis. Quand la redevance se payait en argent, elle s'élevait de cent cin-
quante à deux cents livres. Le chapitre s'acquitta pour la dernière fois de cet-
te charge en 1784.

p. 462
Hartmann Münch ne changea rien à son modeste train de vie; il continua à habiter
à Bâle la maison canoniale qu'il occupait, se contentant d'un seul chapelain,
d'un domestique, d'un écolier et d'une servante. Près de Muttentz, il s'était
disposé un petit château qu'on appelait Fröscheneck où il aimait à prendre quel-
que repos. Pour partager avec lui la charge de l'administration diocésaine, il
s'adjoignit ses parents, Jean Thuring Münch qui était archidiacre de Bâle et
prévôt de Saint-Ursanne, et Jean de Flachsland.

pp. 469-470
Le pape et le chapitre de Bâle n'avaient pu faire un meilleur choix. La première
et la principale préoccupation de Jean de Fleckenstein fut de faire rentrer dans
l'église de Bâle, les domaines engagés. Il commença par réclamer au comte Thié-
baud VIII de Neuchâtel en Bourgogne, la ville de Saint-Ursanne, les châteaux de
Spiegelberg, de Pleujouse, de Roche-d'or qui depuis de longues années, étaient
entre les mains de cette noble famille. Thiébaud VIII refusa de rendre ces gages
qu'il s'était habitué à regarder comme lui appartenant.
Jean de Fleckenstein n'hésita point; quoique ami de la paix, il comprit que la for-
ce des armes pouvait seule lui restituer un droit qui lui était nié, malgré les
promesses écrites et prêtées solennellement. Il s'assura l'appui et le secours de
ses grands amis, les évêques de Cologne et de Mayence, du comte palatin Louis, du
marquis de Baden Bernard, de son frère l'évêque de Worms. Avec l'aide de ces illus-
tres personnages, il put mettre sur pied une armée forte de mille deux cents cava-
liers commandés par le comte Jean de Thierstein. Bâle prêta aussi son secours à
l'évêque et prit fait et cause pour lui. Le contingent bâlois fut placé sous les
ordres du bourgmestre de la ville Burkhard ze Rhein qui s'engagea à ne pas relâ-
cher, sans le consentement du prélat, les prisonniers qui pourraient tomber entre
ses mains. En même temps, Bâle versa, pour frais de guerre, six mille florins
d'or entre les mains de Jean de Fleckenstein qui engagea en retour les sceau
épiscopal.
L'expédition fut poussée avec vigueur. En trois jours, la ville et le château de
Saint-Ursanne, les châteaux de Roche-d'or, de Pleujouse et de Spiegelberg rentrè-
rent entre les mains de leur légitime seigneur et maître, l'évêque de Bâle. Ce
facile succès ne suffit pas aux Bâlois. Ils poussent jusqu'à Héricourt, ville des
domaines de Thiébaud de Neuchâtel, et en font le siège. Le château fortifié ne
peut résister aux attaques réitérées et au bombardement dirigé par des chefs ex-
périmentés, comme les comtes de Montjoie, de Thierstein, le noble Louis de Lich-
tenberg. Héricourt fut pris le 11 novembre 1425; la ville et le château furent
livrés au pillage, puis aux flammes.
Les documents historiques sur cette expédition guerrière sont très sobres de dé-
tails et nous n'avons que quelques lignes bien sèches sur ces faits d'armes qui
ont dû avoir leur importance. Cependant un procès verbal de 1425, découvert sur
le dos d'un vieux registre des archives de Porrentruy nous apporte quelques dé-
tails curieux sur l'expédition de l'armée bâloise. Le bailli d'Autriche fit ou-
vrir une enquête sur les dommages qu'avait essuyés la châtellenie de Ferrette à
cette occasion. Ce fut le châtelain de Ferrette, Jean seigneur de Florimont qui
fut chargé de cette affaire. Le 30 octobre 1425, les témoins et plaignants
étaient réunis à Ferrette, au logis de Henselme Bomgart; le châtelain leur fit
prêter serment de dire toute la vérité. Le premier témoin entendu fut Jean
fils d'Henselme Bonquiger, de Pérouse (Haut-Rhin). Il déclara que, quand le
seigneur de Neuchâtel fut avec ses gens à Pérouse, le carême passé, il y eut,
par la faute des soldats du comte, un incendie qui détruisit deux maisons ...
etc.

Après la guerre, on fit la paix. Le comte Jean de Fribourg et de Neuchâtel, les
villes de Berne et de Fribourg interposèrent leurs bons offices et réglèrent
les conditions du rachat de S.-Ursanne et des châteaux repris par la force, qui
avaient été engagés par l'évêque Imier de Ramstein pour sept mille francs.
L'accord entre Jean de Fleckenstein et le comte Thiébaud VIII fut conclu en
1426 et la paix rétablie.
p. 478
C'était, dit le chapelain N. Gérung, témoin oculaire de son épiscopat, un seigneur
prudent, et expert dans les affaires séculières, il était très considéré de la no-
blesse du pays; quoique raide, il était très propre au commandement. Un de ses
premiers actes, aussitôt après son installation, fut d'aller à Saint-Ursanne, avec
le prévôt de la cathédrale recevoir le serment de fidélité ds bourgeois de cette
ville et de leur accorder la confirmation de leurs franchises (20 mars 1437). En
même temps, il rentra en possession du château de Chauvilier (Kalenberg, au-des-
sous de Saint-Ursanne) que Jean de Fleckenstein avait donné en garde, à prix
d'argent après son expédition de 1425. On dut payer au comte Humbert de la Roche
1350 florins du Rhin pour la garde de ce château qui tombait en ruines; Frédéric
ze Rhin le rebâtit convenablement. Il fit également des constructions et des ré-
parations importantes dans le château de Roche-d'or et d'ailleurs.
p. 482
Le chapitre de Saint-Ursanne était à cette époque en querelle avec la ville au su-
jet de la vente du vin. On supplia l'évêque Frédéric ze Rhein d'interposer ses
bons offices et de terminer le différend. Le prélat se rendit à Saint-Ursanne, le
2 mai 1446 et décida que désormais les habitants payeraient au chapitre pour cha-
que charretée de vin (pro qualibet carrata vini) qu'ils vendront, (droit de ven-
dre qu'ils ont de toute ancienneté) trente deniers bâlois; de son côté le chapi-
tre devra avoir à ses frais une mesure dite ein sum zuber, comme à Murbach, qui
servirait à mesurer les vases avec lesquels on vend le vin.



Volume II
p. 12
Saint-Ursanne fut aussi l'objet des faveurs de l'évêque, qui cherchait à relever
cette ville d'un désastre récent. L'hiver de 1462 avait été très rigoureux: le
Doubs avait été gelé entièrement. Quand le dégel arriva, les glaçons s'accumulè-
rent au-dessus du moulin qui les arrêtait dans leur course et firent comme une
digue de pierre qui s'opposa à l'écoulement des eaux. Le canal du moulin finit
par se rompre et les glaces avec des amas de terre et de pierres se précipitè-
rent avec violence contre le pont de la ville et couvrirent de leurs débris tous
les prés d'alentour. Les habitants de la ville se hâtèrent de charger de bois et
d'autres matériaux le pont menacé et prirent la fuite de toutes parts. Dans ce
grave danger, ils eurent recours à leur bienheureux patron S. Ursanne et firent
célébrer une messe en son honneur. Aussitôt tout rentra dans l'ordre et le pont
resta sur ses fondations. Tout cela se passa le jour de Ste Agathe (5 février
1462). Tel est le récit du maître d'école de Saint-Ursanne, conservé dans le
livre de vie du chapitre. (1)
Jean de Venningen vint en aide à la ville en lui confirmant le droit d'omgeld qui
appartenait à l'évêque de Bâle, à condition que le maître bourgeois, le conseil et
les habitants emploieraient ce revenu à la restauration de leurs murs, tours, fos-
sés et autres édifices, d'après les conseils et directions des chapitres de Bâle
et de Saint-Ursanne, à qui ils devaient rendre compte chaque année du produit et
de l'emploi de cet omgeld. Les habitant et les chanoines reçurent encore d'autres
privilèges pour la vente du vin, depuis la St. Michel jusqu'à Noël (11 juin 1463).
(2)
(1) Ex Libro vitae S. Ursicini, fol. 1

(2) Archives de S. Ursanne. L'acte est muni des sceaux de l'évêque, de son chapitre, de celui de Saint-Ursanne et de
la ville.


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Le chapitre de Saint-Ursanne était alors dans une position financière qui demandait
de pressants remèdes. Il y avait eu dépenses excessives, faites sans direction et
sans nécessité. Jean de Venningen, de concert avec le prévôt Gaspard ze Rhein, qui
faisait en même temps partie du chapitre de Bâle, apporta aux statuts des chanoines
de Saint-Ursanne des modifications importantes qui devaient ramener l'ordre dans
les finances du chapitre. On régla les frais de transport des vins d'Habsheim en
Alsace, appartenant à l'église de Saint-Ursanne. On obligea chaque nouveau chanoine
ou prébendier à verser dans la caisse de fabrique cinq livres bâloises pour l'en-
tretien de l'église et douze florins pour l'achat d'une chape de choeur. Tout nou-
veau chapelain devait appliquer à la fabrique de l'église, les revenus de sa cha-
pelle, durant la première année. Le trésorier du chapitre devait toujours être
choisi parmi les chanoines. On permet aux chanoines et autres bénéficiers de Saint-
Ursanne de se rendre chaque année durant vingt jours aux bains naturels, selon
leurs besoins; ils seront considérés comme présents aux offices du chapitre (6
avril 1466). (1)
(1) De l'original sur parchemin avec les sceaux de l'évêque et du prévôt, aux archives de l'ancien évêché de Bâle.

L'HISTOIRE