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ST-BRAIS
La Roche percée. - Planei en 1139. - L'église de Saint-Brais. - St-Brais en 1275. - Les dîmes en 1381. - Cuno de Pleujouse et Bellelay proprié- taires à St-Brais au XIVe siècle. - Le maire de St-Brais. St-Brais, sans être de la Montagne, en est la porte. Au dessous du village, à une distance de vingt minutes, trois routes aboutissent, l'une de St-Ursanne, l'autre d'Ajoie et la troi- sième de la Vallé, au pied de l'immense rocher qui, pendant des siècles, semblait garder avec un soin jaloux l'entrée de la montagne. De nos jours, on lit, au front du gardien géant, le monument de sa défaite, que rappelle cette inscription: J.R. WURSTEMBERG IN VALL. ET C.A. AB ERLACH IN MONT. PRAEFECT. RUP. FRACT. PORT. APERT. VIA FACT. MDCCCXXI. AUCT. J.A. WATT DIREX. (1) Au sortir de ce tunnel, qui conduit à la Montagne, on aperçoit bientôt le village de St-Brais. En 1139, ce village portait encore son nom primitif et romain de Planei. Le Plaignat, au-dessous du village actuel, conserve le souvenir de l'emplacement de l'ancien village. Planei avait son église en 1139. Toutefois cette église, dédiée à saint Brice, était bien antérieure à cette date. Bâtie entre ce village et ceux de Montfavergier et de Montfaucon, elle réunissait, bien avant le XIIe siècle, la population de ces trois localités. Un reli- gieux, puis un chanoine ou un chapelain de St-Ursanne la desser- vait. En 1139, Montfaucon avait son église, comme le porte expres- sement la bulle d'Innocent II confirmant les possessions du Cha- pître de St-Ursanne, parmi lesquelles figure: "Villa quae dicitur Planei et Mons Falconis cum "ecclesiis suis". Au XIIIe siècle, St-Brais avait aussi sa famille noble. On trouve, en 1275, Roger de St-Brais - Rudegerus de Sem Bris -. En 1380, Pierre de Sancto Brixio était curé à Ocourt. Il était peut-être le fils de Perresat de St-Brais, qui vendait, en présence de Jean de St-Brais dit Prêtre, ses propriétés de Villars-sur-Fontenais à Henri de Beur- nevésain, en 1348. St-Brais, compris dans les limites de la Prévôté, payait alors la dîme au Chapiître de St-Ursanne. Le prévôt Imier de Ramstein, re- mettant en vigueur les statuts de la collégiale, disait, le 16 mars 1381: "Un prévôt de St-Ursanne doit veiller à ce que les dîmes de St-Brais soient distribuées à parts égales entre les chanoines prébendés". St-Brais payait au prévôt une cense de 16 sols de Bâle. Les dîmes de St-Brais étaient amodiées, en 1560, à Ursanne Belorsier, de St-Ursanne, à raison de 10 bichots, moitié froment, moitié avoine. Le chevalier Cuno de Pleujouse, sire de Morimont, avait des pos- sessions à St-Brais dès l'an 1316. Il avait acheté de "Huguenez fils au roy de Saint-Brey", pour 9 livres de bons bâlois, tout ce que ce dernier tenait en fief du Chapître à "St-Brey et à Planois". La spécification des biens de Bellelay, faite en 1396, nous apprend que l'abbaye aussi possédait des fiefs et des censes à St-Brais, à Planoy et à Césay. Le maire de St-Brais était nommé, à cette époque, par l'évêque de Bâle, d'entente avec le prévôt de St-Ursanne. L'article 25 du Rôle de la Prévôté (1398) staue que: "ès villes de St-Brais et de Villers doibt avoir en chascune ung mayre, les- quelz doibvent avoir foy et serment à M. de Bayle et à M. le Prevost". II. Divers habitants de St-Brais au XVe et au XVIe siècle. - Le village brûlé par les Français en 1637. - L'église reconstruite en 1656. - Les encranneurs du Chapître.- L'accise et l'angal en 1728. Humbert habitait St-Brais en 1460, et son fils Jehannenet en 1491. Un incendie, en 1570, dévora la maison de Pierra Jolydon et celle de Pierre Tardy. Le Chapître "pour l'honneur de Dieu leur ayda à remaisonner". Le même Chapître, en 1572, diminua les dîmes à Willemin et à Thevenin Queloz, à cause du dommaige que leurs avoit portez la gresle". Nicolas Queloz faisait un emprunt au Chapître le 13 novembre 1574. Ursanne Wernier reprenait un fief à St-Brais en 1591. Le maire de cette localité était, en 1621, Jehan-Henry Jolydon. St-Brais fut cruellement éprouvé pendant la guerre de Trente ans. De 400 communiants et de 80 feux que comptait ce village en 1630, le nombre des communiants, en 1639, était descendu au chiffre de 160, et il n'y avait plus que 50 feux. Désastres de la peste et de la guerre. A la fin d'octobre 1637, St-Brais s'unit à la Monta- gne pour élever sur la Lave une barricade contre les Suédois de Weimar. Vains efforts ! Le village eut à supporter les troupes jus- qu'à complet épuisement de vivres. Et lorsque la compagnie de Français, commandée par d'Ally, ne trouva plus rien à dovorer après les Suédois, ils mirent le feu aux quatre coins du village (30 décembre 1637) puis se dispersèrent, au grand désespoir de leur capitaine, qui ne pouvait plus les nourrir. Ce n'est que dix-neuf ans après, en 1656, que l'Eglise incendiée put être rebâtie. Elle avait été reconstruite en 1503, alors que le chanoine Guillaume Maiguy, par testament, faisait célébrer "sur l'autel neuf" des messes aux cinq principales fêtes de la Sainte Vierge. Le Chapître avait à St-Brais son "encranneur" ou percepteur de l'impôt sur les vins. C'était, en 1697, François Queloz, qui avait eu comme maire, pour prédécesseurs, en 1685, Richard Erhard, des Rottes. En 1733, l'encranneur du Chapître était Georges Pré- tat, et en 1776, le notaire Queloz. Lorsque la fameuse Ordonnance de 1726 parut, St-Brais s'unit à la Montagne pour réclamer contre l'impôt de l'accise et contre l'angal des vins. L'angal avait surtout pour ennemis les cabaretiers. L'"hôte" de St-Brais était alors Pierre-François Jolidon, et celui d'Essairains Jean-François Rollat. L'un et l'autre en furent pour leurs réclama- tions. Aussi bien, elles n'étaient pas fondées. En 1740, ils eurent à payer les onze années d'arriérés au Chapître et à la ville de St-Ursanne.
III. Le camp de St-Brais en 1793. - Réunion à St-Brais pour les affaires religieuses. - Les douaniers rossés en 1797. - Difficultés avec St-Ursanne au sujet des forêts, 1794-1810. - Maison d'école et horloge. Au mois d'août de l'an 1792, le général Ferrières trouva bon d'établir un camp aux portes de la Montagne. Il choisit comme em- placement un vaste plateau, au-dessous de St-Brais. C'est, encore de nos jours, un pâturage nommé le Ban aux boeufs. Le 10 août, 400 volontaires du Bas-Rhin passaient à St-Ursanne, traînant après eux deux pièces de canon avec un caisson et une voiture de munitions. Ils venaient dresser le camp de St-Brais, que devait approvisionner un entrepôt de vivres à Porrentruy, gardé par une garnison de 100 volontaires. C'est de ce camp que sortit, peu de temps après, un détachement pour aller, à la demande des habitants de Saignelégier, protéger ce village contre des bandes de brigands. Ceux-ci menaçaient de fran- chir à main armée la frontière que marque le Doubs, en vue d'ap- porter de force aux Montagnards le doux règne de la liberté par la guillotine, comme le fit, en effet, peu après l"invulnérable" Gruel. St-Brais, de même que Sceut et les Saignes, eurent beaucoup à souffrir du voisinage de ces soldats de la Révolution, qui ne rappe- laient que trop les Suédois de 1637. Par eux l'église de St-Brais fut pillée, dévastée et profanée; ainsi furent traitées d'ailleurs toutes les églises du pays. Pour mettre un terme à leur impiétés sacrilèges, des députés de St-Ursanne et d'Epauvillers se rendirent à St-Brais, et décidèrent, avec les délégués de cette paroisse, "de rédiger une humble re- présentation aux commissaires de la Convention Tirel et Jameth afin qu'ils permissent de prendre des arrrangements (pour le culte) non contraires à la constitution et aux lois, et pour le bien géné- ral." La pétition fut mise ad acta par les commissaires, qui se rirent de la naïve confiance des habitants du Doubs. En 1797, le 13 décembre, St-Brais fut occupé militairement par une compagnie de soldats, tandis qu'une seconde compagnie occu- pait Montfaucon. Cette occupation avait pour but de découvrir de gré ou de force les malavisés qui avaient roué de coups deux doua- niers français près du hameau des Sairains. Toutefois les coupa- bles ne purent être ni connus ni châtiés. St-Brais était alors en difficulté avec St-Ursanne au sujet des forêts attenant aux Erraux, à Malmaison et au Pouhard. La ville y avait, de temps immémorial, un droit d'affouage, que St-Brais se mit à contester en 1793. Les débats furent longs. Ce n'est que le 5 thermidor an XII qu'ils prirent fin par la cession faite à St-Ur- sanne de soixante arpents assignés à la ville en toute propriété. En outre, un cantonnement fait en 1810 par les experts Mathis, garde général et le géomètre Noirjean, maire de St-Brais, valut à la ville, du côté des Erraux, soixante-dix hectares de forêt estimés 40,000 francs. La commune de St-Brais vient de construire, à grands frais, une magnifique maison d'écoles. Ce qui n'a pas empêché, peu de temps après, l'acquisition d'une excellente horloge pour la tour de l'église. IV. Les curés de St-Brais. 1. Jehan, chanoine de St-Ursanne, curé de St-Brais, munit de son scel, en 1302, un acte dressé en sa présence. 2. Henri, curé de St-Brais, en fait autant en 1329 et en 1334. 3. Lowiz ou Louis, témoin de deux actes passés sur le cimetière de St-Ursanne en 1394 et 1406. 4. Jehan Schyblat, vers 1430, lègue à la collégiale de St-Ur- sanne onze sols pour son anniversaire. 5. Estienne Bourgeoys, décédé le 20 décembre 1567. Le Cha- pître nomme, pour le remplacer, 6. Hugues Wardot. En 1581, il assiste au synode de Delémont. Chapelain de l'autel de saint Fiacre et de saint Henri à St-Ursanne en 1568, messire Wardot est désigné en 1586 pour noter les pré- sences. Le 10 avril 1590, il accepte au nom de Nicolas Händel de Porrentruy la prébende du chanoine Tardy. 7. Balthasar Pavignot ou Pallignot, chapelain de St-Ursanne et curé de St-Brais, dirige, en 1611, la construction d'une cure, "où le curé puisse enfin résider selon le désir des paroissiens". Messire Pavignot mourut en 1618, et fut remplacé par 8. François Girardin. Il administra tout à la fois St-Brais et Soubey dès l'année 1637, qui vit l'incendie de St-Brais et de son église. Mort en 1646, le curé Girardin eut pour successeur 9. Pierre Deprez, lequel quitta St-Brais le 24 avril 1652, pour occuper la cure de St-Ursanne jusqu'en 1662. Après lui vint 10. Jean Trémoland, de Porrentruy, qui rebâtit l'église en 1656, et fut nommé curé de Glovelier le 13 mars 1600. Le 30 amrs sui- vant, 11. Pierre Choffat, de Soubey, curé à Rougemont, fut élu par le Chapître pour la cure de St-Brais. Il avait dédié au vénérable Chapître "des thèses défendues à Dôle", où il avait pris ses grades. Après vingt-sept ans d'administration, le curé Choffat mourut, vi- vement regretté de sa paroisse, le 2 ao'ut 1687. 12. Etienne Simonin, de St-Brais, était curé à Réchésy, lors- qu'il fut appelé, selon son désir, à la cure de St-Brais le 23 août 1687. A l'âge de 66 ans, le 2 septembre 1716, il démissionna en faveur de son neveu. 13. Jean-Pierre Simonin, bachelier en théologie et jurat du Chapître d'Ajoie. Il fit de grandes réparations à l'église en 1765. Deux ans auparavant, l'évêque de Montjoie avait même ordonné de la rebâtir à neuf. En 1769, elle fut consacrée à nouveau par le suffragant Gobel, évêque de Lydda. Lorsque le curé Simonin mou- rut, en 1779, il avait pour vicaire 14. Claude-Antoine Brossard, des Pommerats, qui lui succéda, mais pour le suivre dans la tombe dès le 4 décembre 1785. Son successeur fut 15. Jean-Baptiste Paumier, de Chevenez, prêtre, dit le proto- cole du Chapître, "d'une probité et talent reconnus, et dont feu le père a rendu des services au Chapître en veillant exactement à ses intérêts au lieu de Chevenez". En 1781, à la prière d'Ignace Paumier, le Chapître avait constituté un patrimoine (fief des Con- demènes) à son fils Jean-Baptiste, "qui allait entrer dans les or- dres majeurs. "Après l'exil de la Révolution, le curé Paumier, avant 1800, reparut à son poste, où il est mort en 1818. 16. François-Xavier Erard, de St-Brais, né le 19 juin 1794, curé de sa paroisse natale de 1818 à 1852, (9 juillet, date de sa mort) avait quitté son poste en 1824 pour enseigner la rhétorique au collège de Delémont. L'année suivante, il revint à St-Brais, où il fut nommé membre de la Constitutante, en 1830, mandat qu'il n'accepta point. C'est à lui que l'église de St-Brais doit ses pré- cieuses reliques du martyr saint Aurèle, dont la paroisse célèbre solennellement la translation chaque année, avec indulgence plè- nière et grand concours de fidèles, le deuxième dimanche d'octobre. 17. Pierre-Joseph Baconat, du Bémont, mort curé des Genevey en 1874, n'a été curé de St-Brais que moins d'une année. En 1853, il résignait cette cure pour se retirer dans sa famille à Oisonfon- taine dans la paroisse de St-Ursanne. Après lui 18. M. Joseph-Humert Dominé, de Courchapoix où il est né le 13 mai 1827, fut nommé curé de St-Brais le 4 février 1853. Or- donné prêtre à Soleure le 27 mars 1852, l'abbé Dominé fut admi- nistraateur de Damvant pendant la maladie et après la mort du curé de cette paroisse Fr.-Xav. Courbat. En 1862, par diplôme du 2 juillet, M. Dominé a établi dans son église l'Archiconfrérie des âmes du purgatoire, érigée en 1841 à Rome dans l'église de Mon- terone. Pendant l'exil de 1874 à 1875, le curé de St-Brais, réfugié à Chauvilier, puis à Goumois, fut victime de son zèle à visiter à la dérobée sa chère paroisse. Poursuivi par un sbire bernois dans une de ses courses, il se cassa la jambe, ce qui lui valu du même coup une infirmité dont il n'a pu se remettre, et une dignité qu'il était loin d'ambitionner. Le 10 avril 1881, Mgr Bracco, patriarche de Jérusalem, nommait M. Dominé chevalier de l'Ordre du St-Sé- pulcre. Depuis son retour d'exil, M. Dominé a doté son église d'une excellent harmonium et d'une magnifique statue de N.-D. de Lourdes, qui a été bénie solennellement par Mgr Fidèle Chèvre, curé-doyen de St-Ursanne. Depuis le 1er août 1888, le curé Dominé avait pour vicaire M. Théodore Varé, de Porrentruy, vicaire à St-Ursanne dès l'année 1879, après avoir reçu l'ordination sacerdotale à Lucerne le 15 août précédent. M. Dominé est mort à St-Brais le 4 mai 1889. Il repose dans les caveaux de son église. V. Prêtres, religieux et religieuses sortis de la paroisse de St-Brais. 1. En 1380, Pierre de St-Brais était curé à Ocourt. 2. Le curé de Soubey, en 1786, était Joseph Queloz, de St-Brais. 3. Georges-François Simonin, frère du curé Etienne Simonin, ancien vicaire de Charmauvillers, a été vicaire de St-Ursanne de 1687 à 1703. Il est mort à son poste, d'apolexie, le lundi de la Pentecôte (28 mai), après avoir dit la première messe et entendu bon nombre de confessions. Il était un prédicateur distingué. 4. Jean-Pierre Theurillat, de SDt-Brais, était curé de Soubey en 1770, + 1801. Résignataire en 1785, il eut pour successeur dans cette cure 5. Joseph Queloz, également de St-Brais. (Voir plus loin Paroisse de Soubey). 6. Jean-Thomas-Augustin Kubleur, curé de Cornol de 1817 à 1859, était originaire de Sceut, paroisse de St-Brais. 7. Joseph-Clément Queloz, élève du Germanique en 1826, pre- mier curé d'Yverdon, où il a bâti une église, puis directeur du Sacré Coeur à Montet, et enfin Liguorien et procureur général de la Congrégation de 1852 à 1882, année de sa mort (29 janvier). Son neveu, 9. Jules Queloz, est frère dans l'Ordre de S. Liguori. 10. Jean-Nicolas Erard, frère du curé de St-Brais Fr.-Xavier Erard, fut curé au Noirmont de 1817 à 1826, puis à Lajoux jus- qu'en 1855. Il est mort à St-Brais le 27 juillet 1864. 11. Mgr Pierre-Joseph Girardin, de St-Brais, né à Trévillers le 15 août 1805, prêtre en 1832, puis instituteur à Porrentruy jus- qu'en 1836, précepteur en Allemagne et curé de Brislach, a été chanoine de la cathédrale dès 1856, et Vicaire capitulaire en 1862. A sa mort, 23 septembre 1882, il était doyen du Chapître et prélat de Sa Sainteté. Il a été inhumé dans les vaceaux de l'église de St-Brais le 27 septembre. Une plaque de marbre, appendue à l'entrée du choeur, rappelle ses titres et sa mémoire. 12. Le R. P. Basile Claude, de l'Ordre des Capucins, né à St-Brais en 1804, réside à St-Maurice. 13. Bernard Queloz, né à St-Brais en 1731, faisait profession à Lucelle comme frère convers en 1769. Parmi les religieuses que St-Brais a données au cloître, nous re- marquons: 1. Soeur Marie-Ursule Erard, décédée à Porrentruy le 28 mars 1782 à lâge de 85 ans, après avoir été Supérieure des Ursulines pendant 9 ans et religieuse fervente pendant 65 ans. 2. Soeur Marie-Barbe Erard, était Annonciade à Porrentruy depuis 1783, lorsqu'elle fut chassée de son monastère,a vec toute sa communauté, le 28 mai 1793. Une autre Annonciade était alors 3. Soeur Marianne-Thérèse Jeannerat, de Montfavergier, admise le 7 août 1788, et décédée à St-Ursanne le 17 avril 1848, avec le surnom de "Mère des pauvres". C'était la dernière religieuse ad- mise parmi les Annonciades avant la Révolution. Elle repose au seuil de la porte du cloître. 4-6. Trois nièces du R. P. Queloz, Philomène, Elisa et Marie, sont mortes religieuses chez les Dames du Refuge à Besançon. Dans la même maison se trouvent les Soeurs 7. Annette Jolidon, et 8. Marie-Colombe Theurillat, nièce des curés Erard. 9. Soeur Mélitine Léchenne est religieuse du Sacré-Coeur à Mont- fleury, près Grenoble. 10. Soeur Marie-Albert Crevoisier, de Montfavergier, appartient à la Sainte Famille, à Besançon. 11-13. Trois autres ressortissantes de St-Brais sont membres de la Congrégation des Soeurs de la Charité de Besançon: Soeur Taillard, Soeur Rollat et Soeur Laurent-Justinien Maître.
VI. Villages et hameaux de la paroisse de St-Brais. 1. MONTFAVERGIER Mons fabrorum, la montagne des forgerons tire son nom des forges ou fourneaux où l'on fondait la mine de fer au YIVe et au XVe siècle. Dans la seule paroisse de St-Brais, Quiquerez a découvert plus de 25 débris de ces forges primitives. Le minerai, dit-il, y était amené de Séprais par des chemins dont il a retrouvé la trace. Il était plus facile alors, on le comprend, de transporter à distance le minerai que le bois ou le charbon nécessaire pour le fondre. Outre ses forges, Montfavergier avait aussi ses ateliers pour tra- vailler le fer. Le nom de Montfavergier apparaît dans nos archives dès l'an 1338. Nous trouvons Bourquin de Bienne cédant alors à Bellelay ses droits sur un pré situé dans cette localité. Depuis cette époque, nos actes nous montrent, comme habitant Montfavergier, Jehan Mafler et sa femme Aliatte, ainsi que Ginius Chimillen, en 1396; Jehannenet, fils de Jehan Vuillat, et son épouse Estenatte, fille de Richard Lesca- bert, en 1460. En 1728, c'est Jean-Pierre Courvoisier, acquéreur de certains biens ayant appartenu à Adam Quenet, du Prépetitjean; puis, en 1768, Jehannetat Courvoisier, qui emprunte 650 livres à la ville de St-Ursanne. Montfavergier était un fief du Chapître. En 1584, le Prévôt ac- cordait à cette localité l'autorisation de former un bois bannal. En 1793, Montfavergier eût aussi, comme St-Brais, ses partisans de la Révolution. Leurs noms ne perdent rien à rester dans l'oubli. Montfavergier a sa maison d'école. Elle est située à mi-chemin des Sairains, qui forment une section de cette commune. 2. LES SAIRAINS Nommés Sorores rupes, ou Roches soeurs, en 1210, formaient, avec Moron, une des limites de la Prévôté. Ce hameau, voisin de la route de Montfaucon, était habité, en 1748, par Jean-François et Gervais Claude. Les biens de ce dernier étaient achetés en partie par Augustin Mérat, en 1775. Alexis Rollat payait, en 1778, trois "billets" d'avoine de Son Altesse au Chapître de St-Ursanne. 3. CESAY César ou Césay figure, en 1393, parmi les localités payant cense à l'abbaye de Bellelay. A l'époque romaine, sur ce somemt, une station militaire répondait à celles du Chételay et d'Outremont, qui la reliaient au camp de Jules César. Nous voyons ce fief du Cha- pître tenu, en 1580, par Georges Picquegnot, maire de Vendlin- court. De 1703 à 1749, Césay avait pour fiéteurs Thomas Prudat, Pierre-François Queloz, fils de Nicolas, Joseph Faivre, Pierre-Etienne Jeannerat, Joseph Monnat, dont les terres sont achetées, en 1749, par Jean- Pierre Donzé, des Breuleux. En 1770, le curé Jean-Pierre Simonin vend à Joseph Vuille, à Césay, une part de forêt pour 50 livres bâloises. Le notaire Noir- jean, de Soulce, était propriétaire à Césay en 1760. 4. MORON ou Mont rond, Mons rotondus, comme ce groupe de sept maisons est appelé en 1210, payait la dîme au Chapître. Elle était, en 1778, de 2 peneaux et 18 coupes de froment, autant de boige, plus 8 sols et 4 deniers de cire. Le froment était pour le curé de St-Brais, le boige pour celui de St-Ursanne, et la cire pour l'Eglise. 5. BOLLEMAN moulin voisin de la terre de Niervaux (noir val), et appartenant au Chapitre dès 1564, a eu pour tenanciers, en 1592, le fils de Nicolas Queloz, en 1693, Benoît Simonin, en 1748 Jean-Pierre Thié- baud, et en 1774, Joseph Prudat, de Sceut, qui l'achetait de Jean- Pierre Theurillat. Ursanne-Joseph Prudat le revendait, en 1781, aux frères Henri et Pierre-Joseph Jeannerat, de Césay. 6. PLAIGNAT, COMBATTE ET FONDEVAL payaient ensemble au Chapître, comme dîme, 1 penal et 3 coupes de froment, 5 penaux et 18 coupes d'avoine et autant de boige. 7. DOS LES FONTAINES, AVEC NIERVAUX payaient un bichot et 7 penaux d'avoine, autant de boige et 5 pe- naux 12 coupes de froment. 8. LES ERRAUX ou les terres cultivées - arare- s'appelaient, en 1329, le lieu Jakat, dit Andro. Cette ferme était tenue, en 1399, par Bourquin, fils de la Fauche; en 1584, pr Perrin Prestat; en 1688, par Abraham Pic, auquel succédaient, en 1692, son fils David Pic, puis, en 1712, Jean-Claude Py, et Ignace Py ou Pic, en 1756. 9. LE CRAS DES PARTIES dit Loz Cras don Juan en 1329, situé au-dessus de la Peute-Chaive, ne faisait qu'une ferme avec 10. LE PRE SERGENT tenu, en 1761, par Jean-Pierre Loichat. En 1559 le bandelier Ur- sanne Belorsier obtenait du Chapître la permission d'un bois bannal au Pré Sergent. 11. GRAITERY ET MALMAISON étaient, avant 1633, la propriété de Henri Vergier, de Porrentruy, qui légua ces deux fermes au Collège des Jésuites. Graitery avait pour tenancier, en 1717, Pierre-Joseph Girardin, et en 1778 Joseph Girardin. Malmaison appartenai, en 1732 à Claude-François et à Jean- Claude, fils de feu Claude Pic, demeurant à Giromagny. 12. TARICHE ou le lierre, sur le Doubs, était tenu, en 1769, par Ignace Maître, et en 1784 par Augustin Maillard. Sur la rive droite du Doubs, on trouve en remontant la rivière, 13. LES ROSES ou la Combe des Rosés (famille de Porrentruy), dépendance au- trefois du 14. POUHAY ou pâturage (pascua), déjà mentionné en 1329, converti en une ferme, qui appartenait en 1622, au sieur Hendel, de Porrentruy, puis à la famille Fleury, laquelle reprenait cu Chapître, en 1750, avec le Pouhay, 15. LA CHARBONNIERE où la ville et le Chapître avaient droit d'affouage. Un peu plus loin, sur le Doubs, est 16. LA RECHESSE habitée, en 1770, par Jean-François Cuenin, fils d'Ignace. 17. LES COPERIES (vieille et neuve) remplacent d'anciennes forêts coupées ou abat- tues, comme 18. LES ROTTES ont remplacé un pâturage mis en culture (terra rupta, rotta). En 1577, Claudat Choffat, de Porrentruy, reprenait du Chapître la "Vacherie des Rottes", et après lui, sa "relicte" en 1589. En 1685, Richard Erard, des Rottes, était maire de St-Brais. 19. MONTCENAY ou Mont Cernier, était ainsi que Montbovat, un fief de l'église de St-Ursanne. Nicolas Queloz était autorisé, en 1561, à établir un bois bannal dans sa "vacherie de Montceney". En 1693, cette ferme appartenait, en partie, aux Annonciades de Porrentruy. C'était la dot de soeur Marie-Jeanne-Véronique, fille de l'avocat Jean-Baptiste Bassand. Son frère, l'abbé Bassand, possédait la moitié de Montceney, dont l'acquéreur fut, en 1714, Jean-Béat Deluce, secrétaire du prince. Cette ferme est sur le territoire de la paroisse de Montfaucon. 20. LES AUTRES FERMES appartenant à la paroisse de St-Brais, sont le Cerneux, les Cerneux Bennot, la Combe de Montceney, les Prés-Dessus, les Prés-Dessous, la Pâture avec Pontenet, les Sai- gnattes, le Haut-la-Fin et la Roche, au-dessous de laquelle se trouve le village de 21. SCEUT-DESSUS L'ancien patois du Jura appelle du nom de Sceut ou Sçot une roche isolée (saxum). Sceut est le village de la Roche. Il est nommé en 1210 dans l'acte qui circonscrit la Prévôté, dont Sceut a fait partie jusqu'à la Révolution. C'est alors que cette "section" a été rattachée à la commune de Glovelier. En 1239, Bellelay possédait un alleu à Sceut. C'était une donation des parents de Bourkard Babuat, de ce lieu. Deux rentes furent achetées à Sceut par la même abbaye en 1348, de Pyerenat et de Benoîte de Glovelier. En 1382, Kathin, fils de feu Jeanninet dit Savoir, de Sceut, faisait son testament à Neuveville en faveur de Conrad de Saulcy, élève du curé de cette ville, et plus tard prieur de Bellelay. Louis L'hoste et Girard Bratteln, de St-Ursanne, étaient témoins de cet acte. Deux habitants de Sceut, Henri et Arnold Mahon, achetèrent en 1693, à St-Ursanne le moulin de la ville, vendu par Ignace Migy. En 1770, le notaire Kübleur était décimateur de Sceut pour le Chapître, à raison de deux bichots et demi moitié froment moitié avoine. Une remise lui fut faite en 1785, "parce que le blé avait péri sous les neiges". Le village de Sceut a sa maison d'école, qui sert pour Sceut- Dessus et Sceut-Dessous. (1) J.R. Würstenberg étant bailli dans la Vallée et C.-A. d'Erlach à la Montagne, cette Roche a été brisée (percée), une porte s'est ouverte et une route a été construite en 1821, d'après les plans et sous la direction de J.-Amédée Watt (du Löwenbourg). Chèvre, p. 849-861
ALMANACH CATHOLIQUE DU JURA 1933
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