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La belle Pierrette de Ravine
Après Soubey le Doubs continue à se frayer un passage vers l'est entre la Haute Côte et la Fin du Teck.
A l'aplomb de Montenol, avant de préparer son demi-tour vers Saint-Ursanne, le Doubs baigne les pieds
d'un replat au flanc de la vallée, sur lequel est installé le petit hameau de Ravine. Nous sommes invi-
tés à nous y arrêter par André Petignat pour y découvrir l'histoire de la Belle de Ravine qu'il commen-
ce de nous conter.
L'histoire de la belle Pierrette de Ravine, près de Saint-Ursanne, et celle de ses
enfants, est tout un roman ! Mais c'est un roman véridique qui va vous être racon-
té sur la base du récit qu'en fit Auguste Quiquerez, en 1873, dans la publication
"Le Musée neuchâtelois".
Six siècles après sa mort, l'histoire conserve le souvenir de la grande beauté de
Pierrette de Ravine, mentionnée par divers auteurs de son époque. On ignore si elle
naquit dans une famille noble ou si elle n'était qu'une simple paysanne, mais elle
fut pendant plus de vingt ans la maîtresse en titre du comte Louis de Neuchâtel
dont elle eut quatre enfants.
Ravine, dans la courbure du Doubs
Le nom de Ravine vient-il du ravin qu'on peut voir sur la rive gauche du Doubs,
comme le supposait Mgr Fidèle Chèvre dans son "Histoire de Saint-Ursanne" parue
à la fin du siècle dernier ?
On attend (atteint) Ravine par une petite route qui suit les méandres du Doubs de
Saint-Ursanne vers Tariche, puis on franchit le tout nouveau pont en bois couvert.
Ravine fait partie de la commune de Montmelon, sur l'autre rive du Doubs. Le ha-
meau est situé à l'extrémité orientale du Clos du Doubs, à l'endroit où le Doubs
donne à son cours la forme d'un immense fer à cheval. Il est bien exposé sur le
flanc du Chételay, au pied des rochers de Châtillon qui dominent au loin les
chaînes du Jura et les profonds encaissements dans lesquels coulent (coule) le
Doubs. Quelques maisons largement étalées au soleil, entourées de vergers, de
champs et de pâturages bien abrités de la violence des vents, entre le Doubs et
le village voisin de Montenol. C'est le lieu de naissance de Pierrette de Ravine.
La Prévôté de Saint-Ursanne
Rappelons pour mémoire les propriétés du Chapitre de Saint-Ursanne confirmées par
la bulle du pape Innocent II en 1139, puis par Innocent III en 1178. Ces proprié-
tés comprennent tout le Clos du Doubs actuel avec la ville de Saint-Ursanne, le
village de Villare (Epauvillers), la chapelle de Chercenay, Ocourt, Lobschey,
Froidevaux, Burnevillers, et aussi Glovelier, Montrusselin, Planey (St-Brais),
Montfaucon, Courtedoux, des terres et des moulins en Ajoie et dans la vallée de
Delémont, des terres et des vignes en Alsace, etc. Le prévôt administrait ces
propriétés avec l'aide des chanoines.
Une des quatre mairies du Clos du Doubs
Il y eut de bonne heure des gens attirés par cette terre fertile. On y construisit
une ferme, puis un hameau qui devint, à l'époque où vécut la belle Pierrette, l'un
des plus importants du Clos du Doubs. Il est cité dans l'un des rôles des franchi-
ses de 1210 comme l'une des quatre mairies de la Prévôté avec Saint-Ursanne, Ocourt
et Villare (Epauvillers).
Le prince-évêque de Bâle en était le seul propriétaire. C'était lui qui nommait di-
rectement le maire de Ravine sans en référer ni au Chapitre des chanoines de Saint-
Ursanne, ni à son prévôt.
Ravine devait payer quelques taxes au maire de la Prévôté de Saint-Ursanne: les de-
niers de charrue et quatre deniers pour chaque fauchée de pré.
Y eut-il jadis une maison forte ou un petit château à Ravine ? On n'en trouve plus
aucune trace, ce dont il ne faut pas s'étonner, puisque même de plus puissantes
forteresses ont disparu sans laisser de traces.
Sous le soleil d'Asuel
Avant de nous présenter la "belle Pierrette de Ravine" et son histoire, André Petignat (nous) continue
de nous faire découvrir le site et l'histoire de Ravine, pendant ce XIV ème siècle qui fut celui de
Pierrette et de sa beauté remarquable alors que les sires d'Asuel étaient propriétaires à Asuel, et
pendant les siècles suivants pendant lesquels Ravine a vu naître d'autres personnalités remarquables.
Plus tard, aux XIIIème et XIVème siècles, la famille d'Asuel possédait de nombreu-
ses propriétés dans le Clos du Doubs, parmi lesquelles le fief noble de Villare
(Epauvillers). En 1400, une partie des terres de Ravine avait passé des mains de
l'évêque de Bâle à celles des sires d'Asuel. En effet, la moitié des dîmes de Ra-
vine appartenait à Jean Bernard d'Asuel, fils de feu le chevalier Jean Ulrich
d'Asuel. Y eut-il une famille noble à Ravine pour gérer les biens des Asuel ?
On l'ignore.
D'autres membres de cette famille d'Asuel ont occupé des fonctions importantes
dans la Prévôté de Saint-Ursanne: Ulrich-Théobald d'Asuel, baron et chevalier,
fit (fut) prévôt de Saint-Ursanne de 1330 à 1347. Plus tard, le dernier baron
Jean Luthold d'Asuel fut aussi prévôt de Saint-Ursanne et chanoine de Besançon.
Sa mort en 1480 marqua la fin de la maison d'Asuel.
Quillerat, Hulmann, Girardin et autres
En 1614, on relève les noms de quelques habitants de Ravine: Blaise, Chenal,
Marguerite Barré, Claude Quillerat, Maurice Quillerat, Pierre, Colas, Jaique et
Ursanne Quillerat et Henri Chenal. Deux nouvelles familles apparaissent après
les terribles ravages de la Guerre de Trente Ans: Pierre Clerc et Jean-Henri
Hulmann de Seleute. En 1723 arrive Claude Girardin du Bémont, gendre d'Ursanne
Quillerat.
Un député à l'Assemblée rauracienne
Le notaire, Jean-Baptiste Hulmann, originaire de Ravine, était doué d'une force
herculéenne. Il fut élu député à l'Assemblée rauracienne en 1792.
Mais la République rauracienne ne dura que 117 jours et Jean-Baptiste Hulmann per-
dit son poste de député lorsque les Français occupèrent l'ancien Evêché de Bâle en
1793.
Il devint ensuite secrétaire dans les bureaux du département du Mont-Terrible à
Porrentruy, puis instituteur à Saint-Ursanne jusqu'en 1809.
Trois prêtres de la famille Hulmann
Dans son "Histoire de Saint-Ursanne", Mgr Chèvre cite trois prêtres originaires de
Ravine:
Jean-Baptiste Hulmann fut curé de Soubey de 1705 à 1737. Il était également chape-
lain de la Collégiale. Prêtre très méritant et plein de zèle, il a été inhumé dans
le choeur de son église de Soubey.
Un autre Jean Baptiste Hulmann fut vicaire à Pfaffans en Alsace et fut reçu comme
chapelain de la Collégiale de Saint-Ursanne en 1756.
Enfin, Etienne Baptiste Joseph Hulmann de la Cernie, mais originaire de Ravine,
fut aussi chapelain de la Collégiale et curé de La Motte de 1762 à 1771.
A la cour de Neuchâtel
Ravine, ce hameau du Clos du Doubs où la belle Pierrette a vu le jour, étant situé dans l'espace et le
temps, André Petignat nous invite à entrer à la cour du comte de Neuchâtel, celui des bords du lac,
bien que nous y rencontrerons aussi des Neuchâtel de Bourgogne, ceux des abords du Clos du Doubs
français.
Louis, comte de Neuchâtel, avait épousé d'abord Jeanne de Montfaucon en 1325.
Cette dame étant morte jeune encore, Louis prit en secondes noces Catherine de
Neuchâtel en Bourgogne. Ce n'était pas un mariage d'amour, malgré les apparen-
ces. Comme il n'aimait pas cette dame, il eut de nombreuses maîtresses.
La belle Pierrette de Ravine fit probablement son entrée à la cour de Neuchâtel
vers 1352. Elle y tint une grande place, tant à la cour de Neuchâtel que dans
la cour du comte Louis, car elle fut la seule à pouvoir retenir cet amant volage
qui lui accorda pendant plus de vingt ans une place de haut rang à sa cour.
Etait-elle issue d'une famille noble ?
Comment la belle et spirituelle Pierrette fut-elle remarquée par le puissant sei-
gneur qu'était le comte Louis ? On peut difficilement croire qu'une petite pay-
sanne ait pu attirer l'attention ni surtout retenir si longtemps un amant aussi
volage. Si elle n'avait été qu'une soubrette au service de la comtesse de Neuchâ-
tel, le comte aurait-il donné le rang d'une grande dame qu'elle eut pendant plus
de vingt ans à côté de ses trois épouses successives ?
Pierrette, fille de Bourquin de Ravine, épouse le sire de Péry
Pour tromper les apparences, le comte Louis de Neuchâtel chercha un époux à Pier-
rette. Il le trouva en son vassal, Bourquard, sire de Péry. On ne sait rien de ce
Bourquard, sinon qu'il fut assez complaisant pour prendre le titre de mari de la
belle Pierrette. Il n'en avait d'ailleurs que le titre, le mariage n'étant que de
pure forme, comme on le verra plus loin.
Il accepta de reconnaître officiellement à son nom, les enfants du comte Louis et
de la belle Pierrette qui furent plus tard richement dotés par leur véritable pè-
re, le comte Louis.
Cependant d'autres indices donnent à penser que Pierrette de Ravine était vraiment
issue d'une famille noble. Les textes disent que Pierrette était fille de Bourquin
de Ravine. Qui était ce Bourquin ? Etait-il un noble possédant un fief à Ravine ou
un simple habitant de ce village anobli par le comte de Neuchâtel lorsqu'il fallut
trouver un époux pour la belle Pierrette ?
Un faisceau d'indices
On sait aussi que ses enfants, fils et filles du comte Louis, épousèrent tous des
nobles. Son fils Vauthier tint un rang éminent à la cour de Neuchâtel et fut le
protégé des ducs de Bourgogne et de Châlons, ce qui aurait été impensable si Vau-
thier n'avait pas été de noble naissance.
Auguste Quiquerez ne sut résoudre cette question, mais considérait encore d'autres
éléments: la branche des Asuel de Villare (Epauvillers) était très nombreuse au
XIIIème siècle. On pourrait supposer que l'un des rameaux ait reçu en partage le
fief de Ravine. Dans ce cas, Pierrette de Ravine aurait pu être une descendante de
la famille d'Asuel de Villare (Epauvillers).
On constate également que le nom Bourquard ou Bourquin du père de la belle Pier-
rette et celui de Vauthier ou Walther, de son fils, étaient très usités dans la
famille des Asuel de Villare (Epauvillers). Retrouver ces prénoms dans la famille
de la belle Pierrette est un indice de plus pour penser qu'elle pouvait être de
noble naissance.
Marguerite de Vufflens, troisième épouse
Après la mort de sa deuxième épouse légitime et malgré la présence à la cour de la
belle Pierrette de Ravine, le comte Louis décide de convoler en justes noces une
troisième fois en épousant la fière Marguerite, dame de Vufflens et autres lieux,
en 1370.
Ce mariage apporta le trouble à la cour de Neuchâtel. Marguerite de Vufflens, d'un
caractère violent, fit bientôt repentir le comte d'avoir voulu une troisième épou-
se et d'oser encore s'égarer dans des sentiers défendus.
Le testament de 1372
Face à sa troisième épouse, le comte Louis de Neuchâtel reste "fidèle" à sa maîtresse, la belle Pier-
rette, et dote ses enfants avant son décès en 1372, suscitant bien des jalousies et des remous pen-
dant quatre décennies.
La troisième épouse, Marguerite de Vufflens, au lieu d'avoir un peu d'indulgence
pour les faiblesses de son époux vieillissant, trouva qu'il avait bien trop de
deux femmes à la fois, l'une légitime et l'autre inféodée pour la forme à un si-
re de Péry. Mais le comte Louis ne tint guère compte des remontrances de son é-
pouse, et, bravant sa grande colère, il fit don de certaines de ses terres en
fief ou en hommage aux enfants censés appartenir au complaisant sire de Péry,
mais qui étaient en réalité les siens.
Les donations de son époux en faveur de ses bâtards, eurent le don de vexer pro-
fondément la comtesse Marguerite qui naturellement ne pouvait admettre les libé-
ralités de son époux en faveur des enfants de sa belle et jeune maîtresse.
Les volontés de Louis
Louis, comte de Neuchâtel, mourut le 5 juin 1372. Son testament avait été dicté
quelques semaines auparavant. L'administration du comté de Neuchâtel était con-
fiée à ses filles, soit l'aînée, Isabelle de Neuchâtel, épouse de Rodolphe, com-
te de Nidau, ou la cadette, Vérène, épouse du comte de Fribourg.
Reconnaissance par le comte Louis des quatre enfants de la belle Pierrette
Dans son testament, le comte Louis reconnaissait les quatre enfants de la belle
Pierrette de Ravine et leur assurait un revenu:
1 - Marguerite, elle fut l'épouse de Pierre du Mont et devint châtelaine de Bou-
dry. En secondes noces, elle épousa Pétermann, sire de Vaumarcus.
2 - Jean, l'aîné de ses fils, était abbé de Saint-Jean. Son père lui donna la sei-
gneurie des Verrières qu'il devait léguer plus tard à son frère Vauthier.
3 - Jeanne, elle eut pour époux Philippe, sire de Joux.
4 - Vauthier, il reçut la seigneurie de Rochefort, mais son esprit jaloux et chi-
canier fut la cause de nombreux ennuis et des malheurs de sa famille.
Vauthier, sire de Rochefort et des Verrières
Vauthier avait donc hérité de son père, le comte Louis, le château de Rochefort,
et de son frère Jean, celui des Verrières. Ils auraient dû lui suffire, ces do-
maines étant devenus siens grâce aux libéralités du comte Louis.
Après la mort d'Isabelle en 1396, le comté de Neuchâtel passa à Conrad de Fri-
bourg, fils de Vérène de Neuchâtel, mais d'origine germanique. Conrad était le
neveu de Vauthier, fils de sa demi-soeur, Vérène de Neuchâtel.
Mais Vauthier était un jaloux. Il ne pouvait admettre de voir le comté de Neuchâ-
tel dans les mains d'un comte allemand pour lequel il ne sentait aucune sympathie.
De son côté, Conrad contestait la validité des dons faits par son grand-père,
Louis de Neuchâtel, aux enfants de Pierrette de Ravine.
La querelle entre oncle et neveu allait en empirant et il y eut de très violents
démêlés à ce sujet.
Protection du duc de Bourgogne
Vauthier réussit à obtenir la protection du puissant duc de Bourgogne qui fit
planter sa bannière sur le château de Rochefort. Mais il en fallait plus pour
arrêter Conrad qui s'empara du château de Rochefort et enferma Vauthier dans les
prisons de Neuchâtel d'où il réussit à s'échapper. Grâce à l'intervention de
Jean de Châlons, les deux ennemis firent la paix et se réconcilièrent.
La paix de 1409
Par un acte de 1409, Vauthier conservait la seigneurie de Rochefort et celle des
Verrières léguée par son frère Jean. Il pourrait aussi hériter des biens de sa
mère Pierrette de Ravine et de ceux de sa soeur Marguerite, mais en contre-partie,
il renonçait à toute prétention sur le comté de Neuchâtel.
La fin tragique de Vauthier
Vauthier, le jeune fils de Pierrette, ne se satisfait pas de la conciliation de 1409 et bientôt reprend
ses agissements de rebelle, de faussaire et de bandit, jusqu'à être conduit sur l'échaffaud, nous indi-
que André Petignat dans la suite de son récit.
On raconte beaucoup d'horreurs sur la famille de Vauthier, sire de Rochefort. Son
château était un vrai repaire de voleurs. Au moyen de signaux, il communiquait
avec les forteresses de Châtelard et de Roussillon, pour être prévenu du passage
des marchands et des voyageurs qu'il guettait et pillait ensuite à son aise. Ces
actes de brigandage étaient courants à cette époque et n'étaient même point dés-
honorants aux yeux de ceux qui les commettaient. La fière Marguerite de Vufflens
elle-même, veuve du comte Louis de Neuchâtel, s'y livrait sans pudeur à partir de
son château de Boudry.
Les faux actes de Marguerite
Marguerite, fille de Pierrette de Ravine et soeur du sinistre Vauthier, revendi-
quait la propriété de certains biens du comté de Neuchâtel. Elle présentait des
actes de propriété qui avaient été falsifiés. Elle prétendait que ces actes
avaient jadis été accordés par le comte Louis, mais que sa demi-soeur, Isabelle,
les avaient lacérés par jalousie. Il avait fallu les recopier, prétendait-elle.
Mais personne ne crut à cette fable et le comte Conrad n'hésita pas à la faire
jeter en prison à cause de ces actes falsifiés.
Vauthier le faussaire
Au lieu d'être fâché par l'emprisonnement de sa soeur, Vauthier démontra toute la
fourberie dont il était capable.
Il se réconcilia si bien avec Conrad que celui-ci lui accorda toute sa confiance.
Pendant un voyage qu'il fit en Palestine, il lui confia la lieutenance de Neuchâ-
tel. Vauthier en profita pour faire fabriquer de fausses chartes en faveur du
Val-de-Travers et de la Ville de Neuchâtel pour amoindrir les droits du comte
Conrad.
A son retour, Conrad découvrit la fourberie de Vauthier. Il fit confisquer tous
ses biens. Avec sa femme, Françoise de Colombier, et ses enfants, Vauthier prit
la fuite et tous se réfugièrent à la cour de Bourgogne où ils vécurent aux dépens
de grands personnages qui ne croyaient pas au crime dont on accusait Vauthier.
Mais Conrad voulait la punition de Vauthier. Il réussit à le faire saisir à Besan-
çon, à l'amener à Neuchâtel et à l'emprisonner. Malgré neuf mois de dure déten-
tion, Vauthier n'avoua jamais la fabrication des fausses chartes. Il se plaignit
ensuite auprès de la duchesse de Bourgogne d'avoir été traité avec une grande in-
humanité, d'avoir été torturé pour lui arracher des aveux alors qu'il se disait
innocent.
Le procès et la mort de Vauthier
Conrad ne se laissa pas impressionner par cette intervention de la duchesse de
Bourgogne. Il se rendit auprès du duc de Bourgogne, lui présenta les fausses
chartes que Vauthier avait faites en son absence et, bien sûr, le duc de Bourgo-
gne retira son soutien à Vauthier qui dut quitter sa cour.
Conrad intenta un procès contre Vauthier qui ne daigna même pas se présenter de-
vant une cour composée d'hommes éminents de toute la contrée de Berne à Neuchâtel.
Les chartes furent reconnues fausses, leurs auteurs condamnés à mort et leurs
biens devaient être confisqués.
Vauthier fut arrêté et amené à Neuchâtel. Conrad lui fit trancher la tête le sa-
medi 9 février 1412, veille des Brandons, sous un mûrier au bord du lac.
Le chanoine Léchet, qui lui avait aidé à fabriquer les fausses chartes, fut enfer-
mé dans un sac et jeté dans le lac avec une grosse pierre. La forteresse de Roche-
fort fut complètement rasée.
Sa famille expatriée
La veuve de Vauthier, Françoise de Colombier, s'enfuit en Guyenne. La légende ra-
conte qu'elle avait conservé la chemise ensanglantée de son mari supplicié et que,
l'ayant montrée à ses deux fils, ceux-ci mirent le feu à la ville de Neuchâtel
pour le venger.
Telle fut la triste fin de la famille issue de la belle Pierrette de Ravine et de
Louis, comte de Neuchâtel.
Sources
A. Quiquerez dans le Musée Neuchâtelois 1873
Daucourt: Dictionnaire historique des paroisses de l'Ancien Evêché de Bâle
Stouff: Le pouvoir temporel des évêques de Bâle; Catherine de Bourgogne
Quiquerez: Topographie du Jura bernois
Chèvre: Histoire de Saint-Ursanne
E. Folletête: Rauracia sacra.
in: AU CLOS DU DOUBS 21-96-04, p. 7-11, 5 ill.
voir
aussi la page consacrée à RAVINE, dans les environs de Saint-Ursanne
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