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Rendez-vous sur la Place du Mai A l'automne, tous nous avons rendez-vous à Saint-Ursanne pour découvrir cette magnifique cité du Clos du Doubs, son site, son histoire, ses espoirs, ou approfondir nos connaissances, ou les partager avec les personnes rassemblées dans notre association ou invitées. Dès maintenant, arrêtons-nous sur la Place du Mai et écoutons notre guide, Léon Migy-Studer. Sur les anciens plans cadastraux de 1833 et 1905, elle n'est citée que "La Place". Mais, dès 1792, la population l'appelle "La Place du Mai". Afin de symboliser les événements révolutionnaires de 1789, on plantait dans pres- que toutes les localités, un arbre de la "Liberté", appelé également "mai". Cet arbre enrubanné était surmonté d'un bonnet phrygien qui fut adopté en France sous la première République comme insigne de la liberté. A sa base, une estrade décorée aux couleurs de la Nation ave ces mots: "Vivre libre ou mourir". En 1792, les troupes révolutionnaires "gratifièrent" notre ville d'un arbre de la "Liberté". On le planta au coin de la maison de ville, sur la place dite de "La pierre aux poissons" (cette pierre a été brisée en 1925, lors du pavage de la ville). A cette même époque, on démolit la potence de 1775 qui se trouvait au premier tournant sur la route de la Croix. Par la suite, on a érigé pieusement, sur ce lieu de torture, une croix qui subsiste encore de nos jours (elle provient des forges d'Undervelier), posée en bordure de la route, à droite en montant, elle a été déplacée au début de l'année 1977 afin de donner une plus grande visibi- lité à ce tournant. La fête du mai Le dimanche 6 avril 1794, Saint-Ursanne est en "fête", ou du moins les révolution- naires et leurs adeptes. On enlève le mai de 1792 et on plante un nouvel arbre avec ses racines, ceci sous les yeux de la municipalité "décorée de ses écharpes" et des notables. Parade militaire, musique, discours du citoyen maire Pelletier, hymnes à la Liberté chantés par six citoyennes, "tout y était, mais pas tous". En effet, la majorité de la population supportait mal ces temps de haine, d'injusti- ce, d'irreligion, de vols et de crimes. En 1795, Marie-Anne Altermatt est accusée d'avoir couvert d'ordures l'arbre de la Liberté. On menace de l'enfermer en la prison bourgeoise, derrière l'Hôtel de Ville. On invite, au son du tambour, la population à dénoncer les délinquants. Mais le ou les coupables ne furent jamais découverts. La Fontaine du Mai Afin d'embellir notre place, le magistrat fait construire en 1854, la fontaine dite du "Mai". Un bassin plus modeste s'y trouvait déjà et le trop-plein de l'eau s'écoulait à ciel ouvert jusqu'au Doubs, dans un caniveau descendant "en bas du Mai". Cette rigole existait encore en 1813, comme on en voit encore une semblable à La Neuveville. Le sculpteur Chavanne reçoit 1685 francs pour son travail, y compris la statue de saint Ursanne ornant le fût. Le tout est posé pour la Toussaint 1854. Révolution triste souvenir pour notre pays; mais un nom plein d'hsitoire que ce- lui de notre place du Mai. in: AU CLOS DU DOUBS, revue du GHETE, 06-94-01, p. 3, 2 ill. sans mention de la source : ce texte est tiré de Saint-Ursanne et ses rues |