BONJOUR - ANTHOLOGIE
... Saint - Ursanne ...
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Ce contraste vous frappera encore davantage si vous vous arrêtez quelques heures
à Saint-Ursanne. De la station déjà le coup d'oeil sur la boucle du Doubs et la
petite ville blottie à une cinquantaine de mètres au-dessous de vous, au bord de
la rivière, est l'un des plus frappants de la Suisse. C'est un monde à part dans
lequel il ne faut pas manquer de descendre. "On voit d'abord, des amas de maisons
en pierres grises, des toits dont les tuiles sont si vieilles qu'elles sont pres-
que noires, et la tour rougeâtre de la Collégiale" qui se profile contre des ro-
chers portant les ruines de l'ancien château, dont un pan de mur ressemble à un
doigt pétrifié levé vers le ciel.
Il faut pénétrer dans l'ancien bourg par la porte de Saint-Pierre et s'en aller
tout droit à l'admirable basilique, un monument historique de premier ordre, a-
chevé vers 1176 et restauré. On remarque d'abord le porche de style roman et
historié, puis la nef en gothique primitif, la crypte du plus pur roman (spéci-
men très rare en Suisse), et l'on s'en remplit les yeux avant de passer dans le
cloître voisin, antique et élégant. De l'église, par la porte de Saint-Paul,
nous montons ensuite 200 marches d'escalier jusqu'à l'Ermitage, à la grotte qui
servait de lit et de retraite à Ursinus ou saint Ursanne.
Rentrés dans le bourg, nous parcourons des ruelles où abondent les détails d'archi-
tecture les plus intéressants et nous allons contempler, du pont sur le Doubs, la
lignée des maisons aux galeries surplombant des jardinets qui s'en vont mourir dans
l'eau verte de la rivière; c'est un aspect vraiment unique. Un saint Ursanne, auré-
olé d'étoiles de fer, vous considère avec bienveillance et rêve au temps qui n'est
plus.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la ville et ses environs immédiats; il fau-
drait parler de la jolie chapelle de Lorette que le Doubs environne de ses flots
aux jours des hautes eaux, des promenades poétiques que l'on pourrait s'accorder
tout le long de la rivière, d'un côté jusqu'à Tariche, d'un autre jusqu'à la fron-
tière française par les usines de Bellefontaine (forces motrices de Porrentruy) et
Ocourt; il faudrait signaler deux manières agréables de rejoindre la route de la
Caquerelle, ou par Montmelon, ou par Malrang et les Malettes, et par elle, Cornol
et Courgenay.

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De la Harpe, Eugène
Illustrations de S.A. Schnegg

LE JURA SUISSE. Partie romande. Chapire XI: L'Ajoie et Porrentruy, p. 135-136.

Lausanne, Georges Bridel & Cie.

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