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EPAUVILLERS Villare en 1139. - Le maire et les colonges en 1210. - Les nobles de Villers. - La rampe de l'église en 1416. - Divers colongiers au XVIe siècle. - Vil- lers ravagé de 1635 à 1637. Un beau village se déploie au pied de son clocher dans le site le plus avantageux du Clos-du-Doubs. C'est le "Haut- Villers" ou Epauvillers, nommé Villare (ferme d'une villa) en 1139 dans la bulle d'Innocent II confirmant les possessions du Chapître de St-Ursanne. Une villa romaine s'est élevée de bonne heure dans ce lieu fer- tile, protégé par la station militaire du Chételay. En 1139, Epau- villers avait son église avec une chapelle à Chercenay, qui en dé- pendait. Cette église, comme nous l'avons dit, fut incorporée avec celle de St-Ursanne en 1313, à la mense capitulaire de la Collégiale chargée de la desservir. Le maire de Villers, d'après le rôle de 1210, était alors nommé par l'évêque de Bâle, de concert avec le Chapître de St-Ursanne. Les deux tiers des colonges appartenaient au Chapître et l'autre tiers à l'évêque. Ces colonges étaient au nombre de douze. En 1381, Villers payait au prévôt du Chapître une cense annuelle de 16 sols, suivant déclaration du prévôt Imier de Ramstein, l'année avant son élévation à l'épiscopat. Au XIIe siècle, Villers avait sa famille noble. On trouve en 1175, Bourkard et Henri de Vilaire; en 1210, Haymond de Vilers, et Lam- bert de Vilario était maire de ce village en 1173. En 1558, un "Burcardatus de Villario" figure encore dans nos archives. Il revenait du service du comte d'Eberstein avec sept blessures, et le Chapître lui donnait deux livres de monnaie, avec cinq autres livres qu'il lui prêtait sur la fabrique. Bourcardat tenait les terres de l'église de Villers en 1567. Charles Bourkard et Petit- jean Vallat lui succédaient en 1573. Un bienfaiteur de l'église de Villers fut, en 1416, "Vilemin dit Fusier de Pourrentrui". Le jeudi après la fête de saint Jean- Baptiste, "en présence des témoins Jehan Bissoud, chanoine de St-Michel et Jehan Ruedin, prêtre à Pourrentrui", le notaire B. Bonguerçon dresse l'acte par lequel l'official de Besançon "fait scavoir que Vilemin Fusier est attendu de bailler et payer chascun an ès ambourg, meneliers et gouverneur de l'église de Villars, au nom de saint Arnoulphe, quatre channes d'huile pour la lampe à allumer en ladite église". Ces quatre channes sont assignées sur les terres que possède Fusier à Villers, "entre les quatre corps de finaige de ce lieu". Fusier se libère de cette redevance annuelle en faisant donation de ses terres à l'église de Villers, à condition qu'une messe sera célébrée à perpétuité pour lui et sa femme Jean- natte, le lendemain de la fête de saint Jean-Baptiste. Cet acte mentionne les colongiers suivants: Simonin et les hoirs de Baiduiz, Henriat Faulche et la Mozatte. En 1565, Jehan Dubolz, fils de Jehan Desbreusses tenait la terre de Charmillate, apparte- nant à léglise de Villers. Une autre terre était tenue alors par Arnoulf Bourcard, d'Epauvillers. En 1572, la colonge Ferrechin dite Cassatte, propriété de l'église, avait pour tenementiers Ursanne Badier, Morand Chollat, Petitjean Vallat, Charles Bourkard, Bas- tien Bonguerçon et Walther Vallat. De 1635 à 1637, Epauvillers fut cruellement éprouvé. Les sau- vages Ecossais des officers Forbes et Hébron, au service de la France, pillèrent et saccagèrent le village de Villers et toutes les fermes de son territoire. Aussi nous avons vu les hommes du Clos- du-Doubs accourir à St-Ursanne et aider aux habitants de la ville à se faire justice des déprédations et des outrages d'une vile sol- datesque, en l'égorgeant dans la nuit du 13 au 14 octobre 1635. Epauvillers n'en subit pas moins une ruine que de longues an- nées ne suffirent à peine à réparer. Les cultivateurs d'Epauvillers en 1666. - L'église reconstuite en 1695. - Les troubles de 1730 à 1740. - Le notaire Maître. En 1666, les principaux cultivateurs d'Epauvillers étaient les sui- vants: Petit Thoinat Vallat, Leonard Barest, Pierre Marandat, Henri Billieux, Guenin, Thonat Parot, Colin Jolidon, Estienne Blaismaille, Claudat Maître, Jean Vallat, Ursanne Roy, François Desbrosses, Etienne Jeannerat, Nicolas Maître, Claudat Viatte, George Escabert et Jean Perrin Borne. Thoinat Maître était maire de Villers en 1662. En 1660, le maire était Pauli Vernier, et quatre ans auparavant, c'était Marquat. George Vallat était décimateur du Chapître à Epauvillers en 1687, et en 1693, il recevait en emphytéose, conjointement avec Paul Brischoz, le fief dit la Terre au saint. Paul Brischoz revenait de Levoncourt, où il avait demeuré pendant quatre ans chez son fils, curé de cette paroisse. Thomas Cuenin, en 1695, était sacristain de l'église, qui fut re- bâtie alors avec le concours du Chapître. Le choeur menaçait ruine. Il fut rebâti le premier. Mais bientôt il fallut en faire autant pour le vaisseau, dont la chute n'était pas moins imminente. L'église rajeunie fut dotée par le Chapître d'un nouveau taber- nacle portant, avec le sceau du Chapître, cette inscription: "Don gratuit des chanoines de St-Ursanne". L'année suivante, à la prière des sieurs Colin Parolz, maire, Ursanne Viatte, ambourg et Jean- Henri Darosier, fabricateur, le Chapître fit installer, à ses frais, une tribune et de nouveaux bancs dans la même église, et peu après une chaire et un autel latéral. En 1728, il fallut refondre la cloche, qui n'était plus seule en 1751. Une soeur lui avait été donnée. Les événements de 1730 à 1740 ne laissèrent pas indifférente la population d'Epauvillers. Elle se montra favorable aux revendica- tions non fondées de "ses hôtes", et quelque peu revêche au de- voir de payer ses anciennes redevances. Le désarmement de 1740 suffit pour ramener l'ordre dans la communauté et y faire revivre les idées de devoir et de justice. En ce temps-là, les notaires n'étaient pas riches. Le 30 mai 1749, Jean Maître, notaire juré et ancien maire d'Epauvillers, recevait du Chapître une "charité" de six livres. Jeantat Pic était alors maire à Epauvillers. Chèvre, p. 821-829
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