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Et cette ville s'appellera Saint-Ursanne au bord du Doubs. Editions générales. 1955. M. l'abbé Marcel Chapatte nous a donné sur Saint-Ursanne (1) un remarquable ouvrage; remarquable par son contenu et remar- quable par sa présentation. L'auteur s'est posé trois questions: Ursanne a-t-il existé ? Quand vécut-il ? Qui était-il ? La réponse à la première question forme la première partie de l'ouvrage. M. l'abbé Chappatte, pour donner plus de précision à ses dires, ne suit pas le cours du temps; il le remonte. Il part de 1955 pour aboutir à l'an 620 et constater que saint Ursanne a bien existé. Dans la deuxième partie de son ouvrage, M. Chappatte décrit l'époque où vécut saint Ursanne, époque qui a d'étranges analogies avec la nôtre: "Migrations forcées de peuples, tassement après les invasions, guerres, révolutions dans les idées, les moeurs, les institu- tions. Les civilisés gallo-romains, appauvris par le fisc, ruinés par les pillages, ne recherchent plus que le plaisir et ils en meurent; le monde barbare individualiste jusqu'à la frénésie, violent, monte en flèche, mais pour s'écraser lourdement tels les Vandales ou le Goths de Théodoric." Enfin, M. l'abbé Chappatte nous donne sur saint Ursanne, des renseignements précis. Il nous le montre dans son ermitage, "témoin du vrai christianisme en face d'un paganisme aux ressurgences innom- brables". Comme l'écrit G. de Plinval: "Malgré l'éloignement des siècles... saint Ursanne est une belle et grande figure chrétienne; on entrevoit dans son existence l'empreinte inoubiable laissée par son maître Colomban; on devine quelques traits de sa physionomie: sa condescendance, sa bonté envers les malades, l'intensité de sa ferveur monastique. "On comprend que ses disciples n'aient cessé de l'aimer et de le vénérer. Ce n'est pas un thaumaturge de légende; même aujour- d'hui les historiens peuvent en parler avec respect et admiration." En même temps qu'il nous fait connaître saint Ursanne, M. l'abbé Chappatte nous présente la cité qu'il fonda, une cité riche en vieilles et belles pierres. Il nous fait voir la collégiale, nous l'explique, nous en montre la beauté. M. l'abbé Chappatte s'arrête surtout aux pierres mérovingiennes découvertes à Saint-Ursanne, pierres qui n'avaient jamais été étudiées à fond. L'ouvrage de M. l'abbé Chappatte est remarquable. Il est l'étude la plus complète, la plus intéressante écrite sur la cité du Doubs. Rien n'y est négligé. C'est un travail de sept années, un travail de recherches, de fructueuses découvertes. L'ouvrage de M. l'abbé Chappatte est richement illustré. Des photos de toute beauté nous aident à mieux comprendre, à mieux aimer la vieille et belle cité de Saint-Ursanne sur le Doubs. (1) Et cette ville s'appellera Saint-Ursanne au bord du Doubs. Genève. Editions gé- nérales. 1955. Actes 1955, p. 234-235 |