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La Pierre de l'Autel
Le Jura bernois préhistorique par le Dr. H. Joliat, La Chaux-de-Fonds Sur le mont Repais, près des Rangiers, à un demi-kilomètre en arrière de l'auberge de la Caquerelle, la Pierre de l'Autel élève jusqu'à trois mètres de hauteur, son bloc en forme de colonne quadrangulaire dont les irrégularités lui donnent, de loin, l'aspect d'une physionomie léonine, au dire de Quiquerez (1), du moins. Dans deux visites successives, à quelques années de distance ( 1921 et 1927) nous n'avons par retrouvé ce masque que les intempéries, en un demi-siècle, ont pu certes modifier. Il est vrai cependant que les irrégularités de ce mégalithe lui prêtent, suivant l'imagination du spectateur, divers formes, animales ou humaines. Sur son sommet, portant des traces de foyers, brûlèrent sans doute autrefois de nombreux feux de sacrifice ou de signalement. Un acte de 1210 désigne déjà de ce nom la Pierre de l'Autel "inde ad rupem qui dicitur de altare", comme limite de la Prévôté de St. Ursanne. A la Caquerelle même, donc à peu de distance, existait une vieille chapelle dont les ruines se voyaient encore au siècle dernier. Ce sanctuaire qui a été réédifié de nos jours (2), près de l'auberge, avait comme patron saint Martin, connu pour son zèle à détruire les autels païens. Ce nom de Pierre de l'Autel, cette coïncidence de lieu avec une église consacrée au grand thaumaturge des Gaules fait inévitablement penser que la chapelle de saint Martin au Mont Repais, fut construite, près de la pierre sacrée pour combattre le culte païen et l'idolâtrique des populations voisines, selon la coutume des premiers propagateurs du christianisme. (1) Topographie, op. cit. p. 367 et suiv. (2) Daucourt. Dict. historique, art. Montavon. Actes 1934, p. 116, 1 ill. |